La cession du pôle champagne de Rémy Cointreau pourrait être plus ardue que prévu
En présentant des résultats semestriels pénalisés par une dépréciation d’actifs de 33,5 millions d’euros après impôts sur sa filiale grecque Metaxa, Rémy Cointreau a fait preuve d’optimisme concernant la cession de sa branche champagne (marques Piper et Charles Heidsieck) engagée voici deux semaines. Le directeur général Jean-Marie Laborde a déclaré qu’elles suscitaient «un énorme intérêt». Le groupe, qui a mandaté CA CIB comme banque conseil, devrait avoir reçu des offres indicatives d’ici à la fin de l’année et l’opération pourrait être finalisée «autour du mois de mars 2011».
Jean-Marie Laborde a par ailleurs précisé que les stocks de champagne de Rémy Cointreau étaient «plutôt au-dessus» de la moyenne de la profession, située autour de 3,6 ans. Le dirigeant a ajouté que si cette cession s’effectuait dans de bonnes conditions, «la vision du groupe était d’acquérir des marques qui ont un bon potentiel», principalement dans la branche cognac qui bénéficie du dynamisme de la demande asiatique.
Rémy Cointreau pourrait néanmoins éprouver plus de difficultés que prévu à céder son pôle champagne. Si le groupe estime que le résultat de cette activité sera «au pire» à l’équilibre sur l’ensemble de son exercice finissant à fin mars 2011, la branche a encore enregistré une perte opérationnelle de 2,8 millions à fin septembre (contre une perte de 3,5 millions un an plus tôt). En incluant la dette, la branche est valorisée 320 millions d’euros par le bureau d’analyse de Gilbert-Dupont.
Les perspectives de bénéfices incertaines de cette activité peuvent donc rendre méfiants les fonds d’investissement. De plus, selon une source proche du dossier, la plupart des grands industriels (Diageo, Pernod Ricard) seraient rebutés par le manque de synergies en matière de distribution entre le champagne, d’une part, et les liqueurs et spiritueux. Les seuls acteurs susceptibles de rester en lice seraient alors les grands négociants de champagne disposant déjà d’un réseau de distribution, qui souhaiteraient se payer une marque phare. Compte tenu de ces incertitudes et d’une valorisation boursière élevée (valeur d’entreprise sur excédent brut d’exploitation de 12,5 fois à fin mars 2011 selon Natixis), l’action a terminé hier en repli de 3 % à 50,50 euros.
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