La cession des 50 % au capital de Veolia Transdev s’annonce compliquée
Des premiers contacts» ont été pris avec des repreneurs potentiels, mais la sortie de Veolia des transports en commun se fera «sans précipitation», prévient Antoine Frérot, le PDG du groupe. Car si elle est logique, vu l’absence de synergies entre les transports en commun et les autres métiers du groupe, la cession de la part de 50% au capital de Veolia Transdev s’annonce compliquée. Elle est néanmoins cruciale : à elle seule elle doit assurer un tiers du plan de cession d’actifs de Veolia, 5 milliards d’euros d’ici à 2013.
Ce bloc est estimé entre 1,6 et 1,8 milliard d’euros en valeur d’entreprise par Oddo Securities, soit 6 à 7 fois l’excédent brut d’exploitation 2012. Une somme difficile à mobiliser à l’heure où le crédit se raréfie. La Caisse des dépôts qui détient les autres 50% du capital de Veolia Transdev, «ne peut exclure à ce stade aucune option, étant acquis qu’elle est fermement et durablement engagée» auprès du transporteur, a assuré hier l’institution. Pour autant, selon une source proche, «un retour de Veolia Transdev dans la sphère publique ne va pas dans le sens de l’histoire». De plus, occupée avec des dossiers financiers, comme Groupama, la CDC n’a pas des moyens illimités.
Selon Antoine Frérot, le numéro un mondial des transports en commun pourrait intéresser des industriels. Mais, en plus de la question financière, il faudrait régler les problèmes de concurrence. Keolis, filiale de la SNCF candidate malheureuse au rapprochement avec Transdev en 2009, est hors course pour cette raison. Quant à l’intervention d’un acteur étranger, voire d’un financier, elle pourrait provoquer une levée de bouclier des collectivités locales, dont certaines n’ont déjà pas manqué de protester contre le rapprochement entre Veolia et Transdev. Sans compter que la fusion des deux entités, autrefois concurrentes, a créé un climat tendu en interne. Au point d’exiger un changement de direction avant même le mariage officiel en mars 2011.
Reste une solution en deux temps, évoquée par Antoine Frérot: une diminution de la part de Veolia via une augmentation de capital souscrite par un nouvel actionnaire, puis une vente de la part résiduelle. L’opération aurait l’avantage de déconsolider rapidement une partie des 900 millions d’euros de dettes portés par Veolia. Et de profiter, dans un second temps, des fruits financiers que doit normalement apporter cette fusion.
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