La cessation d’activité ne suffit plus à justifier un licenciement dans un groupe
Dans un arrêt «Mécanique Industrie Chimie (MIC)» du 18 janvier 2011, la Cour de cassation a estimé que la cessation d’activité ne suffit plus à justifier un licenciement dans un groupe. Comme la maison-mère intervenait «de manière constante dans les décisions concernant la gestion financière et sociale de la cessation d’activité» de sa filiale, «elle assurait ainsi la direction opérationnelle et la gestion administrative de sa filiale, qui ne disposait d’aucune autonomie». Il existait donc «une confusion d’intérêts, d’activités et de direction» entre la fille et la mère, qui «avait la qualité de coemployeur à l’égard» du personnel de la fille, concluent les magistrats.
La notion de coemployeur «est en fait constituée par l’immixtion de la société mère dans la gestion des activités et du personnel de la fille, sans référence nécessaire à l’existence d’un lien de subordination juridique entre la société mère et les salariés licenciés, critère habituel du contrat de travail et de la qualité d’employeur, explique Malik Douaoui, avocat associé en droit social chez Taj. Avec cette notion de coemployeur, la Cour suprême a ouvert la boîte de Pandore, sauf à ce qu’elle décide ultérieurement de la refermer en exerçant un contrôle strict sur cette notion. En sa qualité de coemployeur, la mère est désormais tenue, de manière solidaire, aux mêmes obligations que sa fille: elle pourra être condamnée à verser des dommages et intérêts ou à réintégrer les salariés licenciés».
Par ailleurs, la Cour de cassation limite la notion de licenciement économique pour cessation d’activité, si cette dernière est «justifiée par des difficultés économiques, par une mutation technologique ou par la nécessité de sauvegarder la compétitivité» de leur secteur d’activité. Or, en l’espèce, la cessation d’activité de MIC «ne résultait que de choix stratégiques décidés au niveau du groupe, sans que des difficultés économiques les justifient».
Aussi, pour échapper à cette règle, « il faudra démontrer, lorsque la compétitivité du groupe est invoquée pour justifier la fermeture, qu’elle est en péril, ajoute Malik Douaoui. Une preuve d’autant plus difficile à apporter qu’elle s’analyse au niveau du secteur d’activité du groupe et que la Cour de cassation veille au grain. Le temps où il suffisait de fermer pour licencier est donc révolu et l’heure des ennuis a sonné pour les groupes ».
Plus d'articles du même thème
-
Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
Une cyberattaque, inédite pour une banque française, a touché Crédit Mutuel Arkéa. La banque évoque une première évaluation en dizaines de millions d'euros volés. L'estimation la plus élevée atteint 133 millions de dollars. -
Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
L’agence de notation a dégradé ses perspectives sur le Crédit Agricole et BNP Paribas mais l’ensemble du secteur bancaire profite de la victoire éclatante des démocrates aux élections de mi-mandat aux Etats-Unis. -
Meta paie également le prix fort sur le marché obligataire
La société de Mark Zuckerberg a dû offrir des spreads jusqu’à deux fois plus élevés que lors de sa dernière émission sur ce marché en avril malgré un moindre montant levé. Surtout, elle a concédé des primes d’émission supérieures à celle d’Oracle la veille. Meta a lancé ce jeudi son émission inaugurale en euro. Un nouveau test pour la société et l’ensemble des sociétés liées à l’IA.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Le départ de Christine Lagarde dès février 2027 précipite sa succession à la BCE
Contenu de nos partenaires
-
Tout feu tout flamme
Avant de devenir l’icône du parfum que l’on connaît, Diptyque est née d’un cabinet de curiosités germanopratin, imaginé par trois artistes aux goûts résolument éclectiques. -
« Un freinage est impératif pour sauver la Sécurité sociale »
Pour Olivier Henno, rapporteur général de la commission des affaires sociales du Sénat, voter un PLFSS avec un déficit accru serait irresponsable -
Lignes de fondBCE : le départ surprise de Christine Lagarde doit nous inquiéter
En anticipant son départ de Francfort, la présidente de l'institution anticipe-t-elle une tempête financière majeure menaçant la France et qui la placerait dans une inconfortable situation de conflits d'intérêts ?