La Bourse et les banques s’emballent pour la technologie médicale

Les succès de Carmat et plus récemment de Mauna Kea donnent des idées à d’autres sociétés de «medtech». Et suscitent l’intérêt des banques
Olivier Pinaud
Illustration: Fotolia
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Deux dossiers depuis le début de l’année, Mauna Kea et Visiomed, autant qu’en 2010 (Carmat et Stentys). Le secteur des technologies médicales (medtech) est en train de se faire une place à la Bourse de Paris. Plusieurs entreprises françaises d’équipements médicaux envisagent une cotation dans les prochains mois sur Euronext ou Alternext. La taille des opérations reste limitée à quelques dizaines de millions d’euros, 49 millions au plus pour Mauna Kea, ce qui facilite le placement. Mais ces introductions sont les seules à aller à leur terme alors que le nombre de reports ou d’annulations n’a jamais été aussi élevé en Europe depuis 2008 (L’Agefi Quotidien du 24 juin).

«Le modèle est risqué mais c’est de la création d’actifs incorporels purs. Par ailleurs, ces sociétés peuvent perdre de l’argent pendant plusieurs années le temps du développement du produit, mais elles présentent l’énorme avantage d’être déconnectées de la conjoncture économique», explique Jean-Emmanuel Vernay, associé gérant chez Invest Securities, à l’origine de l’IPO de Carmat début 2010. Depuis, le cours de la société qui développe un cœur artificiel a bondi de 688% !

Le flottant étroit (15%) exagère les variations. Mais selon Jean-Emmanuel Vernay, la taille potentielle du marché et les promesses des technologies développées par ces sociétés nourrissent l’engouement. «Ces entreprises peuvent aussi susciter à terme l’intérêt des grands de la santé, ce qui contribue à porter leur valorisation», ajoute Yannick Petit, d’Allegra Finance, conseil de Mauna Kea.

Les banquiers ne s’y sont pas trompés. Ces dossiers étant les seuls à passer dans le marché actuel, la concurrence est montée d’un cran. Mauna Kea était dirigée par la Société Générale. La banque avait déjà placé les implants vasculaires de Stentys. Certaines en profitent pour réapparaître, comme Dexia Securities sur Mauna Kea et sur Carmat aux côtés de Nomura. Les fonds de capital risque aussi y trouvent leur intérêt, en opérant un dernier tour de table en Bourse, impossible pendant la crise de 2008 et de 2009, avant une sortie du capital une fois le produit «miracle» développé.

Mais ces marchés peuvent se refermer aussi vite qu’ils se sont ouverts. La déconvenue Nicox, dont la valeur a chuté de moitié en un an, a refroidi nombre d’investisseurs. Les niveaux de valorisation rendent ces dossiers explosifs. Carmat capitalise 670 millions d’euros pour un chiffre d’affaires encore nul.

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