La bonne santé de Volkswagen conduit à une rémunération record pour son patron

Le groupe automobile allemand mise sur un bénéfice d’exploitation stable cette année en raison du lancement de nombreux nouveaux modèles
Yves-Marc Le Reour

Martin Winterkorn, président du directoire de Volkswagen (VW), peut se réjouir du bénéfice net de 15,4 milliards d’euros engrangé en 2011 par le deuxième groupe automobile mondial. Il va en effet percevoir cette année une rémunération globale de 17,5 millions d’euros, soit une hausse de 87% d’une année sur l’autre. Ce montant, qui éclipse les 14 millions touchés voici 4 ans par Josef Ackermann, patron de Deutsche Bank, constitue un nouveau record pour l’indice Dax des trente premières sociétés allemandes cotées en Bourse.

Outre son salaire fixe de 1,89 million d’euros auquel s’ajoutent 860.000 euros de rattrapage au titre de 2010, Martin Winterkorn recevra un bonus de 11,04 millions ainsi qu’une «prime de performance de long terme» de 3,67 millions. Celle-ci prend en compte les résultats des quatre derniers exercices, mais aussi les ventes unitaires de voitures, la satisfaction des clients et la situation des salariés (productivité et sondage de satisfaction). Les 90.000 salariés de VW en Allemagne toucheront à cet égard une prime exceptionnelle de 7.500 euros.

En publiant hier son rapport annuel, le constructeur allemand a précisé que les coûts de développement et de production importants prévus afin de diversifier la gamme de véhicules (40 modèles nouveaux ou remis à jour) se traduiraient par «une stabilité du bénéfice d’exploitation» cette année par rapport aux 11,3 milliards de 2011. Ce bénéfice recommencerait à progresser l’an prochain, alors que les ventes en volume et le chiffre d’affaires du groupe devraient enregistrer une croissance ininterrompue.

«Nous devons rentrer dans nos frais après un développement important et des coûts de mise en route», relève Martin Winterkorn. VW a commencé à étendre aux petites et moyennes voiture le système des plates-formes communes, avec à la clé «des économies substantielles» à long terme. Les partages de composants entre ses marques, y compris entre le haut de gamme Audi et l’entrée de gamme du groupe Skoda, seraient susceptibles de réduire jusqu'à 20% les coûts de production et jusqu'à 30% les temps d’assemblage.

Si les liquidités nettes des activités automobiles ont reculé de 8,5% à 17 milliards d’euros au 31 décembre dernier, la situation financière de VW reste très saine, comme en témoigne la note de crédit «A3» de l’agence Moody’s, qui se situe 4 crans au dessus de la note attribuée à PSA ou à Renault.

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