La biotech Adocia tente de rouvrir le marché des introductions à Paris
Fermé depuis Mauna Kea en juillet 2011, le marché des introductions en Bourse à Paris va peut-être se rouvrir avec une autre société de technologies médicales, Adocia. La biotech compte lever entre 20 et 26,4 millions d’euros, au point médian de la fourchette indicative de prix, en fonction de l’exercice des clauses d’extension et de surallocation. La moitié de l’opération est garantie par les actionnaires historiques. Le placement, composé uniquement d’une augmentation de capital, est dirigé par Dexia Securities France, secondé par Invest Securities.
«La phase d’invention est achevée. Nous entrons dans le développement pharmaceutique de nos cinq produits, ce qui coûte beaucoup plus cher», explique Gérard Soula, le fondateur. Or, après avoir levé en deux fois 26 millions auprès de fonds (Amundi, AGF PE, BioAM Gestion, Viveris, Oréo Finance, Sham et Innobio), la Bourse constituait la voie la plus appropriée pour apporter les ressources nécessaires. D’autant que le dirigeant connaît le processus. Fondateur d’une première société de biotechnologies dans les années 90, Flamel Technologies, Gérard Soula a introduit l’entreprise sur le Nasdaq en 1996.
Au premier semestre 2011, le chiffre d’affaires d’Adocia se limitait à 1 million d’euros et sa perte nette s’élevait à 3 millions. Pour crédibiliser son modèle, la direction s’appuie sur l’accord signé fin 2011 avec Eli Lilly dans l’insuline à action rapide. Le laboratoire américain paiera 10 millions de dollars à Adocia. Des versements complémentaires, en fonction des étapes franchies, pourront atteindre 156 millions de dollars, sans compter les redevances une fois le médicament en vente. «Ces revenus ne sont pas du chiffre d’affaires mais du résultat», explique Gérard Soula. Des discussions sont en cours avec d’autres laboratoires pour les quatre autres produits développés par Adocia dans le diabète et la cicatrisation.
Après Adocia, le fabricant de matériel d’imagerie médicale Eos Imaging devrait suivre dans les prochains jours. «Les investisseurs sont prêts à soutenir les projets dont la technologie a été validée car le potentiel de marché est gigantesque», explique un banquier. Et au pire, si certains dossiers ne donnent pas le retour espéré, un seul peut assurer la performance. L’exemple de Carmat reste dans toutes les têtes: la valeur de la société a été multipliée par 4,5 depuis son introduction en Bourse en juillet 2010.
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