La BCE revoit ses exigences en capital envers les banques
La Banque centrale européenne (BCE) entend rassurer les marchés sur les marges de manœuvre des banques européennes. Alors que l’augmentation cette année des exigences dites de Pilier 2 avait été mal accueillie par le secteur, Korbinian Ibel, le patron de la supervision microprudentielle de la banque centrale, a indiqué qu’elles auraient désormais vocation à diminuer dans le temps.
Leur décrue accompagnera ainsi la montée en charge d’un autre matelas de capital réglementaire, le «coussin de conservation».
«Toutes choses égales par ailleurs, les exigences en capital actuelles nous satisfont», a déclaré vendredi Korbinian Ibel, faisant écho aux propos tenus lundi par Mario Draghi, le président de la BCE, devant le Parlement européen. Si ce dernier avait déjà indiqué que «les exigences en capital n’augmenteront plus», les banques ont maintenant une idée précise des plans de la banque centrale. En hausse en moyenne de 30 points de base (pb) cette année, le Pilier 2 devrait désormais diminuer d’environ 63 pb chaque année.
Alors que le Pilier 2 est déterminé au cas par cas en fonction des risques de chaque banque, les coussins de conservation s’appliquent uniformément à toutes. Ils doivent gonfler linéairement entre 2016 et 2019, date à laquelle ils atteindront 2,5% des actifs pondérés du risque. Si des questions demeurent sur le calcul de ces derniers, la précision de la BCE équivaut à donner davantage de marge aux banques pour prendre des risques et financer l’économie.
« Au sujet des récentes inquiétudes du marché concernant certains secteurs bancaires européens, qui pourraient avoir des conséquences sur leur capacité de prêt, une remarque a souligné que ces inquiétudes ont dans une large mesure été déclenchées par une mauvaise interprétation des activités de supervision en cours », indiquent les dernières minutes de la BCE.
Korbinian Ibel a aussi évoqué un assouplissement des règles régissant les distributions de dividendes et de paiements des coupons, alors que les inquiétudes autour des titres hybrides AT1 de Deutsche Bank ont enflammé les marchés. Le dispositif MDA (maximum distributable amount) prévoit en effet des restrictions automatiques sur leur versement dès que les coussins ne sont plus respectés. «Nous avons besoin d’un changement [car] cet automatisme peut amener des banques dans des situations très déplaisantes», par exemple en cas de pertes tardives dans l’année empêchant une recapitalisation, a-t-il illustré.
Plus d'articles du même thème
-
Les lignes bougent dans les projets éoliens aux Etats-Unis
Alors qu’un tribunal fédéral a ordonné à l’administration Trump de lever le gel afférent à l’examen de parcs terrestres, RWE se désengage à son tour de l’éolien en mer dans ce pays. -
L’économie américaine a détruit des emplois en juillet
Le marché du travail s’est contre toute attente affaibli le mois dernier aux Etats-Unis, avec 23.000 pertes d’emplois. Les actions accélèrent à la hausse, les taux se resserrent et le dollar recule. La hausse de taux de la Fed de septembre se trouve remise en question. -
L’hémorragie se poursuit sur le secteur des semi-conducteurs
Après la correction de juillet, les valeurs de semi-conducteurs peinent à rebondir face aux attentes hors normes des investisseurs.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- BPCE profite du jackpot de la marge nette d'intérêt
- L’intervention conjointe pour soutenir le yen révèle un risque majeur
- Prétendant de MPS, Banco BPM devient sa cible, le Crédit Agricole reste au centre du jeu
- Bercy exige des banques un meilleur accompagnement des emprunteurs en difficulté
Contenu de nos partenaires
-
Trouble-fêteLe pacte de La Mecque, une opportunité pour la Chine et un camouflet pour l'Inde
Si l'accord conclu entre l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan est une réponse à la situation actuelle au Moyen-Orient, il n'est pas sans conséquence sur l'équilibre stratégique en Asie -
Marche à l'ombreLa stratégie du silence contrariée de Gérald Darmanin
Après un mois de juin chargé en interventions médiatiques dans la foulée de la mort de Lyhanna, le ministre de la Justice s'est fait discret cet été. Un silence qui a volé en éclats avec la révélation de son courrier à Laurent Nunez, pointant les défaillances des services de police dans la prise en compte des violences faites aux mineurs -
Revolut obtient une licence bancaire française : ce qui change pour les clients
Revolut a obtenu ce mardi 10 août de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) et de la Banque centrale européenne un agrément qui va lui permettre de poursuivre son offensive et proposer de nouveaux produits aux Français