La bataille pour SFR pourrait se déplacer des chiffres sur le terrain juridique
Bouygues n’a pas gagné SFR. Mais en posant 1,85 milliard d’euros de cash supplémentaire sur la table la semaine dernière, le groupe a semé le doute chez Vivendi. Malgré les discussions exclusives en cours avec Altice, «le conseil de surveillance ne peut pas ne pas prendre en considération la proposition de Bouygues», reconnaît une source proche, quitte à prolonger au-delà de la date du 4 avril le processus de vente de l’opérateur.
En l’état actuel des propositions, s’il maintenait son choix sur Altice, Vivendi s’exposerait à des risques de poursuite de certains de ses actionnaires, déçus de ne pas voir le groupe accepter une offre plus élevée en numéraire, ou estimant simplement que la procédure n’a pas exploré toutes les voies possibles. Le groupe a déjà eu à faire dans le passé avec ses actionnaires américains et la justice du pays. Il n’est toutefois plus coté aux Etats-Unis depuis 2006, ce qui exclut le risque de class actions. Remontés, la direction de Bouygues et ses conseils ne cachent pas en privé leur colère contre «l’opacité du processus» et leur sentiment d’avoir servi de «lièvre». Pour la partie juridique, le groupe est conseillé par Darrois Villey Maillot Brochier.
Sollicitée par des actionnaires, Colette Neuville a rappelé le conseil de surveillance de Vivendi à ses responsabilités la semaine dernière. Dans un courrier adressé à Jean-René Fourtou et au président de l’AMF, Gérard Rameix, la présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires regrettait le «manque de transparence du processus de décision», ce qui contraint les actionnaires de Vivendi à détenir des actions «à leurs risques et périls dans la mesure où les informations disponibles ne leur permettent pas de décider en connaissance de cause». Leur seule protection serait donc de vendre leurs actions Vivendi au cours actuel.
En revanche, le droit français n’impose pas à Vivendi de soumettre la cession de SFR à l’approbation de l’assemblée générale, même si l’opérateur de télécoms représente le premier actif du groupe. Mais, dans un souci de «bonne gouvernance», Vivendi devrait solliciter ses actionnaires, demande Colette Neuville.
Plus d'articles du même thème
-
Les assureurs se préparent à un été très chaud
Face à l’accroissement de la sinistralité climatique d’année en année, la solidité financière des assureurs est-elle suffisante pour permettre au secteur d’absorber un choc extrême ? C’est ce qu’ont voulu mesurer les analystes de S&P en modélisant les effets d’un événement extrême. L’arrivée d’un super El Niño cet été pourrait concrétiser certaines projections. -
La Bourse américaine plie sous le poids de la tech
Le rebond du Nasdaq a fait long feu. Mardi, l’indice à forte composante technologique a accusé une nouvelle chute, après celle de plus de 4% vendredi, la pire depuis avril 2025. L’euphorie sur le secteur des semi-conducteurs atteint ses limites mais la tech est aussi vulnérable aux taux. -
Les méga-IPO hypnotisent Wall Street
Alors que SpaceX sera coté à partir de vendredi 12 juin à Wall Street, et qu’Anthropic et OpenAI ont officialisé leurs projets de cotation, ces introductions en Bourse géantes soulèvent de nombreuses questions, tant sur les performances à venir que leur impact sur le marché.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Seul en scèneAffaire Lyhanna : Gérald Darmanin peut-il tenir ?
Sur la sellette depuis une semaine, le garde des Sceaux campe sur sa ligne de défense, pointant les responsabilités individuelles dans cet échec judiciaire. Mais la pression va crescendo, à la mesure de la colère des Français -
Comparaisons n'est pas (toujours) raisonJustice : le manque de moyens a bon dos
EN CHIFFRES. Malgré une hausse notable des crédits et des effectifs sous Emmanuel Macron, la justice française peine à rattraper son retard numérique et reste à la traîne en nombre de magistrats face à ses voisins européens -
StatistiqueDates de la présidentielle 2027 : Emmanuel Macron n'est pas encore en retard
Les Français voteront-ils le 11 avril et le 25 avril 2027 ? Ou bien le 18 avril et le 2 mai ? Emmanuel Macron n'a pas encore tranché, mais certains de ses prédécesseurs ont pris plus de temps que lui