La bataille pour la recapitalisation de Technicolor se jouera devant l’assemblée générale

Le conseil du groupe de technologies réaffirme son soutien à l’offre de JPMorgan mais ne ferme pas totalement la porte au projet concurrent de Vector
Olivier Pinaud

Les actionnaires de Technicolor se trouvent face à une situation inhabituelle et inattendue. Alors que l’avenir du groupe de technologies numériques vidéo soulevait de nombreuses interrogations il y a encore quelques mois, et que son dernier site de production en France vient d’être placé en redressement judiciaire, l’assemblée générale du 20 juin devra se prononcer sur deux offres de recapitalisation concurrentes.

L’une de JPMorgan, annoncée début mai. L’autre dévoilée lundi par le fonds d’investissement américain Vector, conseillé pour l’occasion par Lazard.

Vector a discuté courant avril avec la direction de Technicolor. Mais selon une source proche du dossier, la proposition initiale de Vector était «très loin de celle de JPMorgan, d’un point de vue financier mais également dans le soutien apporté à la stratégie de la direction de Technicolor».

L’offre dévoilée lundi par Vector a été améliorée. Le fonds est prêt à souscrire à une augmentation de capital réservée au prix de 1,9 euro par action, contre 1,6 euro pour JPMorgan, ce qui permettrait de limiter la dilution. «Cela entraînera la création de 34% d’actions nouvelles en moins», appuie un proche de Vector. Une prime qui pourrait faire la différence alors que le capital totalement éclaté de Technicolor est détenu par des investisseurs financiers, souvent entrés au moment de la restructuration de la dette en 2010. Concernant la gouvernance, même s’il ne dévoilera ses intentions à l’Autorité des marchés financiers qu’après son éventuelle accession au capital, Vector dit appuyer la stratégie de la direction. Selon un proche, «le fonds n’est pas dans une approche de démantèlement».

Sans rejeter formellement sa proposition, le conseil d’administration de Technicolor juge «non sollicitées» les propositions de résolutions de Vector et réaffirme son soutien à l’offre de JPMorgan. Il ne ferme pas pour autant totalement la porte au fonds : «Dans l’hypothèse où les résolutions JPMorgan ne seraient pas adoptées par l’assemblée générale, les contrats JPMorgan seraient caducs. Dans cette hypothèse, les résolutions Vector ne pourront être mise en oeuvre qu’après adoption par l’AG».

D’ici là, l’Autorité des marchés financiers devra valider la note d’opération de l’augmentation de capital, avec les deux propositions.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...