La bataille autour de Monoprix redouble d’intensité
Filiale détenue à parité, Monoprix reste plus que jamais une pomme de discorde pour Galeries Lafayette et Casino. Dans un entretien publié samedi par Le Figaro, Philippe Houzé, président du directoire des Galeries Lafayette et PDG de Monoprix, affirme que Casino va examiner une proposition de rachat de sa participation pour un montant de 1,35 milliard d’euros. «Jean-Charles Naouri (PDG de Casino, ndlr) m’a assuré que l’offre serait étudiée au conseil de lundi (aujourd’hui)», déclare Philippe Houzé. «Nous avons les moyens de financer cette offre, si elle était acceptée», précise-t-il.
Dans une lettre datée du 10 février, cette valorisation avait déjà été formulée par Ginette Moulin. La présidente du conseil de surveillance de Galeries Lafayette proposait à Casino de lui racheter ou de lui vendre à ce prix la moitié du capital. Ce montant représentait en quelque sorte un compromis par rapport aux valorisations défendues de part et d’autre. Le groupe Galeries Lafayettes valorisait la part à 1,95 milliard d’euros contre 700 millions d’euros du côté de Casino, alors que ce dernier comptabilise sa participation dans ses comptes à 1,22 milliard d’euros. «Si Casino considère réellement que Monoprix vaut seulement cinq fois son Ebitda, qu’il m’en laisse la présidence, je continuerai à assurer de la création de valeur pour les actionnaires», s’amuse Philippe Houzé.
Dans une déclaration faite samedi, le distributeur a rétorqué «qu’il n’a jamais été et n’est pas vendeur de sa participation de 50% dans Monoprix. Monoprix est pour Casino un actif stratégique». «Si les Galeries Lafayette souhaitent vendre leur participation dans Monoprix, comme cela semble être le cas, Casino est prêt à la racheter mais à un juste prix fondé sur des hypothèses financières réalistes tenant compte de la réalité du contexte économique et de la valorisation actuelle des entreprises de distribution», précise Casino.
Pour Philippe Houzé, «s’il souhaite prendre le contrôle, Casino dispose d’une option d’achat au prix d’expertise assorti d’une prime de contrôle de 21%. Il ne veut pas l’exercer, nous sommes obligés d’envisager la cession, mais l’évaluation ne présume en rien l’exercice de notre option de vente». Les deux groupes ont parallèlement engagé un bras de fer judiciaire, estimant chacun que les engagements du protocole de vente, signé en 2002 et prorogé en 2008, n’ont pas été respectés.
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