La baisse de la demande de pétrole pèsera sur la santé des services pétroliers
Crise bancaire et crainte accrue de récession économique invitent les analystes à revoir leurs prévisions. Ainsi, CM-CIC vient de dévoiler son scénario «stressé» pour le secteur des services pétroliers, qui aboutirait à un recul de la demande mondiale de pétrole de 1,5% en 2012, «plus fort encore qu’en 2009». Le prix du pétrole tomberait alors à 70 dollars le baril en moyenne (contre une précédente estimation à 100 dollars) en 2012, pour remonter à 80 dollars (contre 90 dollars) en 2013 et à 90 dollars en 2014. L’Opep vient d’ailleurs de réduire ses prévisions de demande de pétrole pour 2012 de 40.000 barils par jour (bpj) à 1,27 million de bpj, tout en prévenant qu’une reprise américaine plus faible que prévu pourrait réduire la demande de 200.000 barils supplémentaires.
Avec ces perspectives, «l’impact sur l’investissement global des compagnies pétrolières serait de l’ordre de 10-15%, soit un retour au niveau d’investissements de 2010 après la hausse de 15-16% attendue pour 2011», anticipe CM-CIC. Or, dans un contexte de ralentissement des investissements, l’amont (exploration, sismique) devrait être le plus touché. En particulier CGG Veritas. «Le retournement de cycle au second semestre 2008 s’est traduit par une division par deux du taux de marge opérationnelle du groupe. Les marges ont encore diminué en 2010 et devraient au mieux stagner cette année», note le bureau d’analyse. Dans son scénario «stressé», l’intermédiaire retient une baisse de 10% du chiffre d’affaires en dollars et une stagnation du taux de marge opérationnelle en 2012 (grâce aux effets du plan de réductions de coûts) et mise sur une reprise de 5% de l’activité en 2013 et en 2014.
Vallourec serait affecté «significativement», mais moins que CGG Veritas «grâce à l’entrée en service de capacités à plus faibles coûts que les capacités existantes», note le bureau d’analyse tablant sur une stagnation du taux de marge Ebitda en 2012 et une très faible progression en 2013. Pour sa part, Bourbon serait dans ce scénario «en risque de rupture de covenants en 2012», mais le groupe «pourrait toujours fabriquer de l’Ebitda par cession d’actifs» poursuit CM-CIC, estimant que le cours actuel prend en compte un scénario plus négatif que ses hypothèses de stress test. En revanche, Technip serait la moins affectée pour le bureau d’analyse au regard de sa moindre intensité capitalistique et de sa solide situation financière.
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