Kingfisher change de patron à l’aube d’un nouveau cycle
Kingfisher a créé la surprise hier en dévoilant la nomination en tant que directrice générale de Véronique Laury, la patronne de sa filiale française Castorama. Une bonne surprise aux yeux du marché, le titre du distributeur britannique spécialiste de l’amélioration de l’habitat s’adjugeant hier à Londres un gain de 4,26% à 320,3 pence.
Kingfisher a ainsi semble-t-il convaincu quant au caractère positif de cette nomination, qui sera effective avant la fin de l’exercice au 31 janvier prochain. Ian Cheshire, âgé de 55 ans, ne passe en effet le relais, après 7 ans de bons et loyaux services à la tête du groupe, que pour permettre à ce dernier de disposer d’une nouvelle tête sur le long terme à l’aube d’une nouvelle phase de développement. Les analystes semblaient miser pour la succession de Ian Cheshire sur le patron de la filiale britannique B&Q, Kevin O’Byrne.
Agée de 49 ans, Véronique Laury est à la tête de Castorama depuis l’an dernier. Elle a rejoint Kingfisher il y a onze ans après avoir débuté sa carrière chez Leroy Merlin. Elle n’a d’autres prétentions que de se placer «à la suite et dans la continuité de Sir Ian». De fait, le numéro un européen du bricolage souligne qu’une «multitude de projets devront être menés de front» au cours des cinq prochaines années, passant par la mise en œuvre d’un nouveau système d’information, le lancement des enseignes Screwfix et Brico Dépôt sur de nouveaux marchés, ou l’intégration de Mr Bricolage (dont l’acquisition devrait être finalisée début 2015).
Daniel Bernard, le président du groupe, souligne également que le bilan de Ian Cheshire n’est pas en cause en avançant que durant son mandat le résultat ajusté imposable et la capitalisation boursière du groupe ont doublé et l’endettement a été réduit. Analyste chez Espirito Santo Investment Bank, Tony Shiret salue une décision de renouvellement de la direction générale compréhensible «dans le contexte de refonte en vue dans les années à venir».
Kingfisher a par ailleurs publié hier des résultats semestriels stables. Le chiffre d’affaires sur 26 semaines au 2 août dernier a progressé de 0,9% à 5,77 milliards de livres (7,2 milliards d’euros), une hausse portée à 1,8% en organique, pour un résultat imposable inchangé de 364 millions. «Nos activités en France ont connu une amélioration en août mais nous restons prudents quant au contexte économique» a reconnu Ian Cheshire.
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