Kesa Electricals passe ses comptes au peigne fin avant la cession de Comet

Le distributeur déprécie 110 millions d’euros d’actifs outre-Manche. Sa trésorerie nette accuse une baisse de 65 % à fin octobre en rythme annuel
Yves-Marc Le Reour

Confronté au ralentissement de la plupart de ses marchés, Kesa Electricals a enregistré 133,6 millions d’euros de charges exceptionnelles au cours du premier semestre de son exercice 2011-2012. Sur ce total, 109,9 millions sont imputables à des dépréciations d’actifs corporels et incorporels sur sa filiale britannique Comet dont la cession devrait être effective au 3 février prochain.

D’autres provisions liées à ce désengagement et la rationalisation de sites logistiques ont entraîné 12,9 millions de charges non récurrentes, le reste provenant de la restructuration de magasins en Espagne et en Italie. La perte semestrielle avant impôt atteint donc 147,7 millions d’euros après un bénéfice de 27,2 millions dégagé un an plus tôt.

La perte d’exploitation s’élève à 9,2 millions à comparer à un bénéfice théorique de 16,5 millions hors Comet, consolidé pour la dernière fois. La rentabilité d’exploitation se dégrade dans la quasi-totalité des pays, comme chez Darty France où la marge a reculé de 110 points de base à 3,3%. La filiale française représentera plus des deux tiers du chiffre d’affaires du groupe après la vente de Comet. «La crise financière en Europe et l’application des mesures de rigueur ont déjà conduit à un affaiblissement de la demande», relève Kate Calvert, analyste chez Seymour Pierce.

Le repli de 70% du cash-flow opérationnel à 35,1 millions d’euros combiné à une hausse des impôts versés en France et en Belgique a provoqué une forte baisse de la trésorerie nette à 38,6 millions au 31 octobre contre 121 millions au 30 avril et 109,5 millions un an plus tôt. Afin de financer le gonflement saisonnier du BFR, les tirages effectués sur son crédit revolving de 455 millions d’euros à échéance 2015 ont augmenté de 50 millions d’euros en un an pour atteindre 160 millions.

«Nous sommes bien préparés pour le pic saisonnier de fin d’année et adaptons nos coûts afin de faire face aux conditions de marché difficiles», commente Thierry Falque-Pierrotin, directeur général de Kesa. La cotation à Paris de Darty n’est toujours pas à l’ordre du jour, les efforts du groupe étant concentrés sur «la mise en place de sa réorganisation et la cession de Comet», souligne-t-il, en confirmant le maintien du dividende à 2,25 cents par action. L’action a chuté de 9,2% à 74,2 pence hier à Londres, ce qui porte à 53% son repli depuis le 1er janvier.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...