Japan Tobacco espère une amélioration des retours sur investissement
Le gouvernement japonais est déterminé à vendre ses bijoux de famille pour alléger le fardeau de sa dette. Dans la ligne de mire: Japan Tobacco (JT) dont l’Etat souhaiterait céder au moins un tiers de sa participation. Koriki Jojima, le président du comité de recherche du parti démocratique au pouvoir, a indiqué au Financial Times que «la tendance est au soutien de la cession», afin de financer les efforts de reconstruction du pays après le séisme de mars dernier.
Mais le projet est loin de faire l’unanimité dans le pays. «Il existe des inquiétudes que la cession de la participation du gouvernement dans Japan Tobacco ait un impact sur les 10.800 producteurs de feuilles de tabac japonais», indique ainsi Koriki Jojima. Une loi datant de 1984 destinée à protéger la pérennité des producteurs de tabac nippons exige que JT achète l’ensemble de la récolte de tabac du pays. Les prix sont négociés directement avec les producteurs. Cette année, ils ont été fixés à des niveaux quatre fois supérieurs aux standards internationaux.
L’Etat, qui est confronté à des coûts de reconstruction de quelque 19.000 milliards de yens sur les cinq prochaines années, possède pour le moment 50% du capital de JT, une participation évaluée à 1.728 milliards de yens. La loi actuelle prévoit que l’Etat doit conserver 5 millions d’actions du groupe sur les 10 millions actuellement sur le marché, et détenir au moins un tiers des nouvelles actions émises. Une modification de la loi est donc indispensable.
Les actionnaires de JT voient d’un bon œil le projet du gouvernement. D’autant que le groupe a confirmé son intention de procéder à des rachats d’actions pour doper le bénéfice par action. «Nous sommes ravis du projet du gouvernement de céder une partie de sa participation», a révélé au Financial Times, Oscar Veldhuijzen, associé au The Children’s Investment Fund qui détient 1,4% dans Japan Tobacco.
Les analystes estiment qu’une privatisation inciterait la société à distribuer des retours sur investissement plus en ligne avec ceux de ses concurrents internationaux. Même si le projet devait avorter, les besoins de l’Etat le pousseraient certainement à chercher de meilleurs taux de distribution des bénéfices de la part de JT, estime Toby Williams, analyste chez Macquarie Securities. Un ratio de distribution de bénéfice de 100% pourrait rapporter 200 milliards de yens supplémentaires par an à l’Etat.
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