ISS et Glass Lewis s’opposent aux projets de Psam mais égratignent la gouvernance de Vivendi
Les derniers jours de campagne de Peter Schoenfeld avant l’AG de Vivendi du 17 avril s’annoncent difficiles. Alors que la mise en garde du groupe sur les risques que ferait peser la détention de plus de 20% du capital par des non-communautaires a semé le doute dans l’esprit de nombreux investisseurs, le gérant du fonds Psam va aussi lutter contre les avis remis par ISS et Glass Lewis.
Les deux principales agences de conseil aux actionnaires recommandent de voter contre les deux résolutions de Psam visant à reverser 9 milliards d’euros aux actionnaires.
Vivendi «semble avoir agi de façon opportune et avec discipline, en cédant des actifs quand leur valorisation était à des plus hauts de 5 ans tout en évitant de faire des acquisitions au moment où les prix des cibles sont généralement peu intéressants», avance notamment ISS pour expliquer sa recommandation de voter contre les résolutions B et C de Psam. Glass Lewis reconnait que le fonds «soulève des questions valables», comme les conditions du plan de rachats d’actions proposé par Vivendi qui pourraient le rendre «inapplicable» ou «le manque de détail concernant la stratégie future». Mais l’agence ne voit pas pourquoi elle recommanderait de voter en faveur des résolutions B et C alors qu’elles «souffrent du même manque de clarté financière et stratégique que celui dénoncé par Psam».
Pour autant, ISS rappelle que «la bonne gouvernance n’est pas de signer un chèque en blanc». Selon l’agence, Vincent Bolloré, dont «les habitudes de communication sont en dessous des standards du marché», n’est pas «la tasse de thé de tous les investisseurs, comme le montrent les 25% de votes contre son élection au conseil de surveillance en 2013». ISS et Glass Lewis recommandent ainsi de voter en faveur de la résolution A déposée par PhiTrust, afin d’éviter l’application des droits de vote double chez Vivendi qui aurait pour conséquence d’accroître un peu plus l’influence de Vincent Bolloré, aujourd’hui à la tête de 12,01% du capital.
Leurs recommandations sonnent d’ailleurs comme une mise en garde à l’adresse de Vivendi. Glass Lewis estime que si le groupe «n’améliore pas sa gouvernance» ou ne «noue pas un dialogue plus constructif avec ses actionnaires (…), le conseil de surveillance de Vivendi peut raisonnablement s’attendre à faire face à d’autres résolutions et à d’autres réclamations comparables à celles déposées par Psam».
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