Ipsos risque de devoir faire appel au marché en cas de rachat de Synovate
Ipsos convoite Synovate, la filiale d’études de marché du groupe de communication britannique Aegis. Les deux sociétés ont confirmé avoir entamé des «discussions préliminaires». La valorisation de 500 millions de livres (560 millions d’euros) évoquée par la presse correspondrait en valeur d’entreprise à 11 fois le bénéfice d’exploitation ajusté de la cible pour 2010, soit une décote de 15% par rapport aux multiples historiques de transaction du secteur. Cette acquisition permettrait à Ipsos de prendre la place de GfK comme numéro 4 mondial du secteur, tout en renforçant sa présence en Asie.
Pour financer ce rachat, le groupe français serait conduit à faire appel au marché boursier, en dépit d’une structure financière solide. Fort d’une trésorerie de 150 millions d’euros au bilan, il peut en effet s’appuyer sur des facilités de crédit de 266 millions d’euros, émanant de prêts bilatéraux et de crédits syndiqués non tirés. Ipsos doit cependant respecter des covenants bancaires qui limitent à 100% son ratio de dette nette sur fonds propres (net gearing) et à moins de 3,5 fois celui de dette nette sur excédent brut d’exploitation (Ebitda).
A fin 2010, son net gearing était de 29,5% et son endettement net de 185 millions correspondait à 1,3 fois son Ebitda. Au prix de 560 millions d’euros, «le net gearing serait de 122% après l’opération» avec un financement total par la dette, ont calculé les analystes de CM-CIC Securities. Ils tablent donc sur un financement mixte incluant une augmentation de capital de 130 millions d’euros, qui lui permettrait de ne pas briser ses covenants. Cela représenterait 11% de la capitalisation boursière actuelle d’Ipsos (1,3 milliard). Dans ce contexte, l’entrée en lice d’autres acheteurs potentiels comme WPP ou Publicis diminuerait nettement les chances de succès d’Ipsos, en incitant Aegis à faire monter les enchères.
La cession de cette activité serait en tout cas bienvenue pour le groupe britannique qui «se retrouverait en situation de trésorerie nette positive», relève Alex Degroote, analyste chez Panmure Gordon. Etant donné que Vincent Bolloré juge désormais sa participation de 26,5% dans Aegis plus financière que stratégique, BoA Merrill Lynch considère qu’une telle opération lui permettrait ensuite d’adosser plus facilement Aegis, recentré sur l’achat d’espace, avec Havas, contrôlé à près de 33% par l’homme d’affaires.
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