Ipsen veut tripler son résultat opérationnel en dix ans mais ne convainc pas le marché

Pour son plan 2020, le laboratoire mise sur la spécialisation de sa R&D. Il cherche un partenaire pour la médecine générale en France
Bruno de Roulhac

Six mois après son arrivée, Marc de Garidel, PDG d’Ipsen, a dévoilé ses objectifs à l’horizon 2020. En dix ans, Ipsen compte plus que doubler son chiffre d’affaires, qui atteindrait 2 à 2,5 milliards d’euros, soit une croissance moyenne de plus de 6% par an, alors que les experts tablent en moyenne sur 2% pour le secteur. Le résultat opérationnel doit plus que tripler, entre 500 et 600 millions d’euros. Pour autant, les résultats ne seront pas visibles tout de suite. Les charges liées à la restructuration seront de 80 à 100 millions d’euros sur 2011-2012. «Les investissements de la période 2011-2015 paieront en 2016-2020», explique Marc de Garidel. D’où peut-être la réaction prudente du marché (-3,24% à 25,83 euros).

Le laboratoire va spécialiser sa R&D sur les toxines et les peptides, et se focaliser sur quatre franchises innovantes : endocrinologie avec Somatuline, neurologie avec Dysport, uro-oncologie avec Decapeptyl, et hémophilie dans le cadre du partenariat avec Inspiration. En revanche, les programmes de R&D sur les protéines, les petites molécules et en oncologie (hors cancer de la prostate) seront arrêtés, et le site R&D de Barcelone fermé. «Nous allons chercher des partenaires pour monétiser ces actifs», ajoute Marc de Garidel. Et alors que les ventes de la médecine générale en France ne cessent de reculer depuis six ans, Ipsen a décidé, non pas de la céder, mais de chercher un partenaire, «cela pourrait être un laboratoire étranger». Seul le site industriel de Dreux sera vendu. Ces différentes cessions devraient être réalisées dans un délai «de 6 à 18 mois», et devraient rapporter «autour de 100 millions d’euros», confie Marc de Garidel.

Ispen mettra l’accent sur les investissements, particulièrement pour renforcer le portefeuille de R&D en phases précoces, mais se refuse à les chiffrer, se bornant à préciser que le produit des cessions suffira. «Je ne tiens pas à ce que la société soit gérée par des ratios, car des choix à court terme vont pénaliser l’entreprise», martèle le PDG d’Ipsen.

Enfin, le laboratoire veut tirer parti de sa présence dans les émergents, et aux Etats-Unis, où il veut accélérer le développement de Dysport (toxine botulique) et de Somatuline, et se différencier de la concurrence avec le dépôt de dossiers de nouvelles indications vers 2014. Un défi majeur, puisque ces deux produits doivent assurer les trois quarts de la progression des ventes d’ici 2020.

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