Invexans reste au conseil de Nexans mais gagne en liberté d’action
Une semaine après avoir demandé à mettre fin au pacte d’actionnaires le liant à Nexans, le chilien Invexans (anciennement Madeco) a obtenu gain de cause. Le conseil du groupe français a approuvé hier soir la résiliation de l’accord.
Dans le cadre de nouveaux engagements, pour un partenariat de long terme, Invexans conserve ses trois administrateurs et s’engage à ne pas demander une représentation au conseil «supérieure à trois membres non indépendants» ou «à un nombre d’administrateurs proportionnel à sa participation [28% ou moins]». Cet engagement prendra fin en 2022 ou selon plusieurs cas : une OPA sur 100% de Nexans (y compris à l’initiative d’Invexans); si un tiers n’agissant pas de concert avec Invexans détient une participation supérieure à 15% ou à celle d’Invexans; si Invexans tombe sous le seuil de 10% du capital; si Invexans détient 30% ou plus de Nexans «à la suite d’une transaction approuvée par les actionnaires de Nexans, et a obtenu de l’AMF une dérogation à l’obligation de déposer un projet d’offre publique».
Si Invexans «est convaincu que la résiliation de l’accord avec Nexans enverra un signal positif et clarifiera la relation existant» entre les deux partenaires, rien n’est moins sûr. En effet, Invexans confirme qu’il n’a pas l’intention de prendre le contrôle de Nexans, ni de dépasser le seuil des 30%, ni de vendre tout ou partie de ces titres. Mais il ne s’agit que d’une déclaration d’intention, et non d’un engagement formel. En revanche, il n’est plus tenu à l’obligation, imposée par l’ancien accord, de se maintenir entre 25% et 28% du capital. En rompant l’accord, Invexans retrouve toute sa liberté d’action pour agir de concert avec un tiers ou pour conclure un accord relatif à une OPA sur Nexans. Dès le mois de février, Colette Neuville, présidente de l’Adam, évoquait dans nos colonnes cette hypothèse.
Le groupe chilien a ainsi retrouvé une liberté d’action, et pourra désormais s’exprimer plus librement vis-à-vis du management du groupe français. Une brèche a déjà été ouverte par le fonds Amber Capital, qui a demandé lors de la dernière assemblée générale de mettre fin au mandat d’administrateur de Frédéric Vincent, le PDG de Nexans. Conscient de ce risque, le conseil de Nexans avait décidé quelques heures avant l’assemblée générale de scinder les fonctions de président et de directeur général à compter de fin septembre 2014. 35% des actionnaieres avaient soutenu la résolution d’Amber.
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