Invensys pourrait faire l’objet d’une surenchère après l’offre de Schneider
Si le projet de rachat d’Invensys par Schneider Electric séduit les analystes, le marché craint l’augmentation de capital, voire la surenchère. Lanterne rouge du CAC 40, le titre cédait vendredi 4,06% à55,70 euros.
Pour faire taire les rumeurs, le groupe britannique a confirmé jeudi soir avoir reçu une offre d’achat amicale de Schneider au prix de 505 pence par action (319 pence en cash et 186 pence en nouvelles actions Schneider) le valorisant 3,3 milliards de livres (3,8 milliards d’euros). Dans la foulée, le groupe français a bien dû confirmer l’opération. D’aucuns supputent qu’Invensys a communiqué pour susciter des contre-offres.
L’américain Emerson dont le projet de rachat d’Invensys avait avorté en juin 2012, pourrait revenir à la charge. «Emerson est peut-être mieux placé que Schneider pour offrir un prix plus élevé au regard des synergies potentielles, que nous estimons à 5% des ventes pour Emerson et à 4% pour Schneider», déclare la Société Générale. Pour sa part, Aurel BGC se demande si ABB ou General Electric ne pourraient pas répliquer. Le conglomérat américain se prépare d’ailleurs selon le Sunday Times à une bataille qui pourrait pousser les enchères jusqu’à 550 pence par titre.
L’offre de Schneider fait ressortir une valorisation élevée : un ratio valeur d’entreprise sur Ebitda 2014 de 14 fois (contre 8,3 fois pour Schneider) supérieur au multiple de 12 fois lors du rachat de Telvent l’été 2011, note CM-CIC. Néanmoins le bureau d’analyse estime que Schneider ne devrait avoir aucun mal à absorber cette acquisition, ayant généré l’an dernier plus de 2 milliards d’euros de cash flow libre.
Pour autant, la notation de Schneider («A-» chez S&P) pourrait être sous pression. Pour S&P, le groupe doit garder un ratio capacité d’autofinancement sur dette nette supérieur à 35%. Ce ratio de 38,7% fin 2012 tomberait sous les 30%, si est intégrée à la dette ajustée de 6,84 milliards d’euros de fin 2012 la part du prix payé en cash (63%), soit 2,4 milliards d’euros, précise l’analyse crédit d’Oddo, estimant que ce niveau correspondrait plus à une note «BBB+».
Si les analystes s’accordent sur la pertinence de l’opération et la complémentarité des activités, «les risques d’intégration ne sont pas négligeables», prévient Natixis, invoquant notamment des approches logicielles «probablement différentes» entre les deux groupes. Les synergies n’apparaitraient donc que tardivement. En revanche, pour Aurel BGC, «les synergies de coûts et les synergies commerciales s’annoncent prometteuses».
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