Ingenico s’offre au prix fort le belge Ogone
Grâce au rachat d’Ogone, leader européen des services de paiement en ligne auprès du fonds Summit Partners, Ingenico peut désormais présenter une offre complète et intégrée de solutions de paiement électronique multicanal. Une «acquisition attendue depuis longtemps par le marché», note CM-CIC et «hautement stratégique», ajoute Kepler.
L’offre valorise Ogone 360 millions d’euros en valeur d’entreprise, soit 8,6 fois le chiffre d’affaires et 28,6 fois l’Ebitda 2012, ou encore 6,6 fois le chiffre d’affaires et 22 fois l’Ebitda estimés 2013 selon Gilbert Dupont, jugeant le prix «très élevé».
Pour CA Cheuvreux, le prix «est justifié au regard de la croissance rapide du paiement en ligne et des probables importantes synergies commerciales», et s’explique par «la qualité et la rareté des cibles en Europe», ajoute Natixis. Les prix sont «traditionnellement élevés pour ce type d’activité valorisant le portefeuille clients difficile à constituer, une récurrence forte du chiffre d’affaires (88% d’abonnement + commissions pour Ogone) et des marges souvent élevées», poursuit CM-CIC. De fait, Ogone a constitué un réseau international de 42.000 commerçants, avec des clients tels que Accor, la Fnac, Decathlon et Ikea, et vise une hausse de 30% de son chiffre d’affaires cette année grâce au contrat de marque blanche remporté auprès de Barclaycard. Le groupe belge dégageait en outre l’an dernier une marge d’Ebitda de 30% contre 18,3% pour Ingenico en 2011.
De plus, grâce aux synergies liées à la vente de services complémentaires et à l’optimisation des offres, Ingenico compte dégager 20 millions d’euros additionnels sur l’Ebitda 2015. Si Ingenico estime que l’opération sera neutre sur le bénéfice net par action 2013 et «fortement relutive» en 2014, Gilbert Dupont anticipe une dilution de 1% cette année, et une relution de 4% l’an prochain.
L’acquéreur financera l’opération à hauteur d’un tiers (120 millions d’euros) par sa trésorerie, et de deux tiers (240 millions) via des lignes de crédit, dont 140 millions de nouvelles lignes, tout en conservant un ratio dette nette sur Ebitda inférieur à 2 fois.
«A plus de 8 fois le chiffre d’affaires, cette opération permet de relativiser les multiples de valorisation d’un acteur comme Wirecard (4 fois le chiffre d’affaires) et montre combien les places sont chères dans le paiement en ligne», conclut Natixis. L’allemand Wirecard rebondissait hier de 3,22%.
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