Iliad gagne en maturité dans son financement

La réussite de Free Mobile a permis à l’opérateur de refinancer favorablement sa ligne de crédit de 1,4 milliard d’euros, explique son directeur financier
Olivier Pinaud

Iliad prend les devants. Un an et demi avant son arrivée à maturité, l’opérateur de télécoms a refinancé la ligne de crédit bancaire de 1,4 milliard d’euros signée en juin 2010. Celle-ci «avait été contractée alors qu’Iliad venait à peine de se voir attribuer la quatrième licence de téléphonie mobile 3G ce qui laissait planer des incertitudes sur le modèle économique. La réussite de Free Mobile a levé ces questions et cela se retrouve dans nos marges bancaires et dans l’accroissement de la maturité du crédit», explique Thomas Reynaud, le directeur financier d’Iliad.

Le groupe contrôlé par Xavier Niel a ainsi obtenu une maturité de cinq ans mais l'échéance peut être prolongée deux fois pour une année supplémentaire, ce qui porte la maturité potentielle à 7 ans. Une structure rare pour une société non financière et non notée. Les marges bancaires évolueront en fonction du niveau de «leverage» d’Iliad sur la durée du crédit mais la marge initiale a été négociée à 70 points de base contre 110 points de base auparavant, indique le groupe.

Alors que la ligne de 2010 avait été répartie entre huit banques, douze établissements ont participé au refinancement, à des degrés différents: BNP Paribas, Crédit Agricole, CM-CIC, HSBC, ING, Helaba, Natixis et Société Générale, comme arrangeurs chefs de file; Sumitomo Mitsui, comme arrangeur mandaté; et enfin La Banque Postale, Barclays et Bank of China en tant qu’arrangeurs. Les banques asiatiques n'étaient pas présentes il y a quatre ans.

L’allongement potentiel de la maturité du crédit bancaire permet à Iliad d’afficher un profil de crédit plus conforme au rythme de déploiement de ses investissements. «Nous avons fortement diversifié nos sources de financement depuis 2008-2009. Le crédit bancaire représentait alors quasiment l’intégralité de nos ressources, aujourd’hui il pèse pour environ un tiers», ajoute Thomas Reynaud.

En plus de ce crédit bancaire, Iliad bénéfice de 350 millions d’euros de financement de la Banque européenne d’investissement, de 500 millions de billets de trésorerie, de 100 millions de leasing et d’une ligne obligataire émise en 2011 pour 500 millions d’euros. Au total, la dette nette tirée d’Iliad s’élève à environ 1 milliard d’euros soit une fois l’Ebitda, ce qui en fait l’opérateur européen le moins endetté.

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