IBM pourrait accélérer son recentrage en délaissant les semi-conducteurs
IBM a depuis de longues années déjà initié son recentrage sur les services et les logiciels. Le groupe informatique américain pourrait selon plusieurs sources presser le pas en se désengageant de la production de semi-conducteurs. Le Financial Times, qui a le premier éventé l’affaire, croit savoir de sources proches qu’IBM a mandaté Goldman Sachs afin de sonder d’éventuels acquéreurs, qui pourraient tout autant convenir de la création d’une coentreprise. Les leaders mondiaux du secteur, le taïwanais TSMC et l’américain Global Foundries, seraient les mieux placés pour emporter la mise, le montant de la transaction restant incertain. IBM a refusé de commenter.
Le projet serait conforme à la stratégie d’IBM, qui déjà en 2005 a cédé ses emblématiques ordinateurs individuels (PC) au chinois Lenovo. Ce dernier a également annoncé le mois dernier mettre la main sur les serveurs d’entrée de gamme d’IBM, pour 2,3 milliards de dollars. Les analystes semblent toutefois soucieux de voir IBM conserver un savoir-faire technologique interne, ce qui pourrait conduire le groupe à privilégier une coentreprise susceptible de lui laisser un pied dans la production afin de présenter une offre globale par la maîtrise des composants de ses propres serveurs. Le Wall Street Journal avance qu’IBM songerait à céder la fabrication tout en conservant le contrôle de la conception. Analyste chez eVisioneering, Rick Doherty concède être «choqué» par la nouvelle, assurant que la transaction pressentie pourrait faire perdre à IBM d’ici dix ans son statut de géant technologique.
Tout du moins la cession de l’activité de micro-processeurs, gourmande en capital et aux résultats cycliques permettrait-elle à IBM de renforcer son profil financier. Toni Sacconaghi, analyste chez Sanford Bernstein, estime que le chiffre d’affaires de l’activité micro-processeurs pourrait chuter de près de 20% cette année à 1,45 milliard de dollars, pour une perte imposable inchangée de 130 millions.
Au quatrième trimestre 2013, la division systèmes et technologie au sein de laquelle se logent les micro-processeurs a accusé un recul de 26% à 4,3 milliards de dollars, soit 16% du total des ventes d’IBM (53% pour les services, 29% pour les logiciels), elles-mêmes en baisse (de 5%) pour le septième trimestre d’affilée. L’équipe dirigeante a renoncé à tout bonus au titre de 2013.
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