Hochtief adopte la solution offensive pour contrer l’offre d’ACS
Hochtief cherche la parade. Actuellement cible d’une offre hostile de la part de son concurrent espagnol ACS, le groupe de BTP allemand a fait part hier d’un projet d’augmentation de capital réservée à Qatar Holding. Avec un investissement de 400 millions d’euros (7 millions de titres au prix unitaire de 57,11 euros), le fonds qatari, bras armé de Qatar Investment Authority, détiendra 9,1% du capital élargi. A un prix inférieur au cours de clôture de vendredi soir, qui était de 59,81 euros.
Hochtief a donc promptement réagi au lancement formel de l’offre d’ACS la semaine passée. Le prétendant, qui est à la tête pour l’heure de 29,98% des actions Hochtief, propose jusqu’au 29 décembre 8 de ses actions contre 5 titres Hochtief apportés. Il s’agit d’une offre volontairement a minima, répondant aux exigences du droit boursier outre-Rhin sans prime en termes de montant offert. Ayant reçu le soutien ces derniers mois de certains actionnaires de Hochtief, tel le gestionnaire Centaurus Capital, ACS ne souhaite pas emporter la totalité du capital du groupe convoité, mais son contrôle, soit plus de 50% du capital.
Hochtief ne cite nullement l’offre en cours d’ACS dans son communiqué officiel. Le porte-parole Christian Gerhardus a assuré hier qu’«il n’y a aucune action de défense, nous étions en discussions depuis longtemps avec le Qatar pour renforcer notre partenariat». Ce dernier prend la forme notamment d’une coentreprise du groupe allemand dans l’émirat, sur fond de vive croissance économique, la plus importante au monde cette année selon le Fonds monétaire international, et de désignation du Qatar pour l’organisation de la Coupe du monde de football en 2022. Hochtief se félicite de l’arrivée de ce nouvel actionnaire de référence, après avoir dû comme l’a rappelé le directeur général Herbert Lütkestratkötter renoncer en septembre à une émission obligataire, au moment où il entend bien participer activement aux multiples chantiers qui se profilent.
Mais l’initiative de Hochtief sera-t-elle suffisante pour empêcher ACS de parvenir à ses fins? Elle pourrait le contraindre à quelques détours. «On peut penser que le Qatar souhaite renforcer sa présence à l’avenir. Cela rend la tâche plus délicate pour ACS», a confié l’analyste Heino Hammamm de Norddeutsche Landesbank Girozentrale, mais «c’est loin d’être fini».
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