Hermès se donne les moyens de démasquer ses actionnaires
Pas à pas, Hermès met en place une stratégie visant à limiter l’influence de LVMH, ou de tout autre prédateur potentiel. Dans la discrétion de la publication au Balo de sa convocation à l’assemblée générale du 29 mai prochain à Paris, le groupe de produits de luxe a annoncé à la fois la nomination au conseil de surveillance de la commandite de Nicolas Puech, membre de la famille et premier actionnaire individuel. Il a également prévu de modifier ses statuts.
Le sellier avait déjà franchi une étape majeure à la mi-décembre en constituant son holding familial H51, regroupant 50,15% du capital d’Hermès. Ce holding dispose d’un droit prioritaire d’acquisition sur environ 12,7% du capital supplémentaire auprès des membres du groupe familial. D’ailleurs, H51 vient de réaliser sa première opération, en rachetant début avril 0,05% du capital pour près de 14 millions d’euros (249,55 euros par action). A l’époque, Nicolas Puech, à la tête de 6% du capital, avait manifesté son opposition en refusant d’adhérer à H51 et n’excluait pas une collaboration avec LVMH à condition qu’Hermès conserve son libre arbitre. Désormais, les relations semblent plus apaisées, puisqu’il vient d’être nommé au conseil de surveillance d’Hermès. Signe donné au marché de l’unité de la famille Hermès. Le conseil passera de 10 à 12 membres avec son arrivée et celle de Blaise Guerrand.
Surtout, Hermès propose une modification majeure de ses statuts, en imposant à tout actionnaire, franchissant seul ou de concert 0,5% du capital ou des droits de vote, de demander l’inscription de ses titres au nominatif dans un délai de 5 jours, quel que soit le nombre de titres possédés auparavant. La totalité des actions détenues devra alors être inscrite au nominatif. Le non-respect de cette nouvelle règle sera sanctionné par la privation des droits de vote. Cette disposition permettra à Hermès de contrôler l’évolution de la participation de LVMH. Selon sa dernière déclaration auprès de l’AMF en décembre dernier, le groupe de Bernard Arnault détient indirectement 22,28% du capital et 16% des droits de vote.
Hermès compte continuer à racheter ses titres à n’importe quel prix, puisque dans le cadre de son programme de rachat d’actions, il vient de relever le plafond de 250 à 400 euros par action! Hier, le titre valait 250,25 euros. Ces nouvelles dispositions «devraient quelque peu atténuer le profil spéculatif d’Hermès», estime Aurel BGC.
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