Hermès rejette les propositions de synergies de LVMH
«On ne courtise pas une belle en la violant par derrière». C’est en ces termes cavaliers que Patrick Thomas, gérant d’Hermès, a qualifié l’entrée de LVMH au capital du sellier, vendredi lors de la présentation des résultats 2010. Une arrivée «ni désirée, ni désirable, a-t-il poursuivi. Aujourd’hui, il n’y a pas d’interactions entre LVMH et nous et nous n’en prévoyons pas. […]. LVMH n’aura pas de pouvoir dans les organes de gouvernement de la maison avant longtemps».
Début février, Bernard Arnault, PDG de LVMH, avait proposé des synergies, notamment dans l’achat d’espaces. «Les synergies ne nous intéressent pas», a rétorqué vendredi Patrick Thomas, rappelant qu’elles ne nécessitent pas de lien capitalistique et que dans le passé les deux groupes ont travaillé ensemble dans leurs décisions d’implantation.
Alors qu’Hermès était entré en Bourse en 1993 pour assurer la liquidité familiale, «nous aimerions que LVMH n’assèche pas le marché du titre», poursuit le patron d’Hermès. Dans sa dernière déclaration, de décembre 2010, LVMH détenait 20,2% du capital et 12,7% des droits de vote. «Ils en ont peut-être plus», s’interroge Patrick Thomas, jugeant que «la sortie du marché boursier pour Hermès aurait un sens», même si elle n’est pas d’actualité.
Quant à la famille, elle «extrêmement unie» et les membres qui n’ont pas apporté leurs titres à la future holding, qui sera de droit français, ne l’ont pas fait pour des raisons fiscales, a ajouté Patrick Thomas. Ce dernier, âgé de 63 ans et demi, a expliqué que sa succession aura lieu dans les «deux, trois ans qui viennent. [Son successeur] sera l’un des six membres du comité exécutif».
En attendant, Hermès a enregistré l’an dernier une marge opérationnelle record depuis l’introduction en Bourse en 1993 à 27,8% (+3,6 points). Depuis 10 ans, la marge oscille entre 25 et 27% et «devrait se maintenir dans cette zone», ajoute le patron d’Hermès.
Pour 2011, Patrick Thomas s’est refusé à donner des objectifs chiffrés, confirmant néanmoins sa cible de hausse de 8 à 10% de ses ventes à changes constants (+24% en 2010). Et depuis le début de l’année les ventes vont «très bien». Le sellier mise notamment sur la reprise de la croissance de ses ventes, de 2 à 5%, au Japon. La trésorerie nette retraitée atteint près d’un milliard d’euros et constitue «un trésor de guerre». L’objectif étant de «préserver notre indépendance», conclut Patrick Thomas.
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