Heineken réduit ses prévisions 2023
Potion amère pour Heineken. Le brasseur néerlandais plonge de 6,4 % ce lundi à Amsterdam, à 90,66 euros, alors que les investisseurs sanctionnent des comptes semestriels inférieurs aux attentes.
Le deuxième brasseur mondial, a revu à la baisse ses prévisions de croissance des bénéfices pour 2023 après qu’un ralentissement économique au Vietnam et des hausses de prix ont pesé sur les volumes de ventes, faisant chuter les bénéfices du premier semestre plus que prévu.
La société néerlandaise, qui possède des marques telles que Tiger et Sol, a déclaré qu’elle prévoyait désormais que la croissance du bénéfice d’exploitation avant les éléments exceptionnels cette année se situerait entre zéro et un pourcentage moyen à un chiffre. Il avait précédemment prévu un pourcentage à un chiffre moyen à élevé.
La martingale des hausses de prix atteint ses limites
Si, comme plusieurs concurrents, Heineken n’a pas hésité à utiliser le levier des prix pour répercuter ses propres hausses de charges, cette martingale montre désormais ses limites, certains acheteurs, n’hésitant plus à rechercher des alternatives moins chères aux bières de marque.
Au premier semestre, Heineken a vendu 5,6 % de bière en moins, avec des baisses dans toutes les régions. Plus de la moitié de la baisse est due au Vietnam et au Nigeria, les hausses de prix ayant également un impact.
Malgré un bond de ses revenus, Heineken a subi une baisse de 8,8 % à données comparables de son bénéfice d’exploitation, contre une baisse moyenne de 4,8 % prévue selon le consensus des prévisions réalisé par l’entreprise.
Heineken - dont la marque éponyme est la bière la plus vendue en Europe - a déclaré s’attendre à un fort redressement au second semestre, aidé par la baisse des coûts de l'énergie et des matières premières et l’accélération des économies grâce aux améliorations de la productivité. Le calendrier des hausses de prix aurait également un impact.
« Nous avons pris la grande majorité de nos prix au premier semestre. C'était délibéré et intentionnel. Cela a bien sûr eu un impact dans une certaine mesure sur les performances en volume au premier semestre, mais au second semestre, nous voyons cet effet se modérer », a déclaré Dolf van den Brink, le directeur général du brasseur, à Reuters.
Le directeur financier, Harold van den Broek, a déclaré que Heineken avait vu la pression inflationniste s’atténuer, mais pas nécessairement une baisse des coûts, et n’envisageait donc pas une inversion des hausses des prix de la bière.
A lire aussi : Le brasseur mexicain Femsa se désengage d’Heineken
Vietnam et Nigeria pèsent
Heineken a déclaré que ses résultats avaient été affectés par un ralentissement économique au Vietnam, l’un des plus grands marchés de l’entreprise, qui fait face à une demande mondiale réduite pour ses exportations.
Les volumes de bière dans la région Asie-Pacifique ont chuté de 13,2 %, les bières premium plus chères ayant encore baissé. Bénéfice d’exploitation réduit d’environ un tiers.
La situation a été exacerbée par un excédent de stock accumulé pour les festivités du nouvel an du Têt au Vietnam en janvier, mais Heineken a déclaré que cet excédent était désormais largement éliminé.
Heineken s’attendait également à plus de stabilité au Nigeria au second semestre, où les élections présidentielles et le passage aux nouveaux billets de banque ont entraîné une baisse de plus de 20% des ventes de bière.
(Avec Reuters)
Plus d'articles du même thème
-
GAM limite sa décollecte et réduit sa perte nette au premier semestre 2026
Le gestionnaire d’actifs suisse a enregistré 400 millions de francs suisses de sorties nettes lors des six derniers mois, notamment dues à un rachat net d’un client unique. -
Commerzbank change de ton face à UniCredit
La banque allemande qui présentait ses résultats trimestriels ce 6 août s’est montrée moins hostile vis-à-vis de sa rivale italienne qui détient désormais près de 50% de son capital. Forte d’un nouveau trimestre solide, la patronne de Commerzbank, Bettina Orlopp, s’est pour la première fois dite ouverte aux discussions avec son homologue italien Andrea Orcel. -
Maurel & Prom profite de la manne d'un pétrole cher
La junior pétrolière publie un bénéfice net en hausse de 74% au premier semestre 2026.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- Xavier Niel entre au capital d'Edenred
- Citadel vole au secours d'un concurrent mis au tapis par la correction de la tech
Contenu de nos partenaires
-
La City contre-attaqueIA, modernisation, réglementation : à quoi ressemblera la City dans 10 ans ?
SERIE (10/10). Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations économiques, physiques, sociales et culturelles de la City de Londres depuis le Brexit, il y a dix ans. Pour clore le feuilleton, voici les défis à relever au cours de la décennie qui vient -
PénuriesEnergie, agriculture, transport : comment la sécheresse dérègle l’économie européenne
Les vagues de chaleur à répétition ont asséché les sols et les fleuves européens, mettant à rude épreuve les infrastructures, les travailleurs, les plantes et les animaux