Heineken rachète les pubs de RBS pour relancer son activité britannique

Le brasseur reprend 918 bars pour 412 millions de livres, un montant jugé raisonnable. Le groupe pourra mieux contrôler la chaîne de vente
Olivier Pinaud

Confronté à une érosion continue des volumes de bière vendus au Royaume-Uni, Heineken reprend les choses en main. Le numéro trois mondial rachète les 918 pubs que détenait Royal Bank of Scotland. Le brasseur assurait déjà leur exploitation depuis 1999 mais n’en était pas propriétaire. Le montant de la transaction s’élève à 412 millions de livres (480 millions d’euros), sans reprise de dettes ni de trésorerie. A cette somme s’ajoutent 10 millions de livres pour solder le contrat avec RBS, ainsi qu’une charge exceptionnelle supplémentaire de 28 millions de livres afin de tenir compte de l’amortissement accéléré du contrat d’exploitation des pubs.

La chaîne de pubs est valorisée 7,9 fois son excédent brut d’exploitation pour l’année en cours (52,3 millions de livres), soit dans la fourchette de prix du secteur, entre les 7 fois de Punch Taverns et les 8,7 fois d’Enterprise Inns. Ces 918 établissements s’ajouteront aux 462 déjà détenus en Grande-Bretagne par Heineken, ce qui fera du brasseur néerlandais l’un des principaux propriétaires de pubs du pays, très loin tout de même des 6.289 d’Enterprise Inns.

«L’opération est petite mais c’est un mouvement intéressant qui permet d’intégrer la vente et la production», apprécient les analystes de CreditSights, d’autant que Heineken «reprend un actif qu’il connaît bien à un prix raisonnable sans trop réduire sa capacité financière». Le groupe financera l’opération grâce à ses disponibilités et à ses lignes de crédit existantes, dont celle de 2 milliards d’euros à cinq ans obtenues en mai dernier. Le brasseur assure que le rachat sera créateur de valeur dès la première année d’intégration.

Le groupe néerlandais devra toutefois redynamiser la chaîne. Le secteur traverse une crise sérieuse depuis plusieurs années en raison de la faiblesse de la consommation des ménages britanniques mais aussi de l’interdiction de fumer dans les bars ou de la concurrence de la vente de bières en supermarchés. Selon la British Beer & Pub Association, 25 pubs ferment chaque semaine. En 2010, le marché britannique de la bière a baissé de 4%, indique Heineken.

Pour la banque, il s’agit de réduire la taille de son portefeuille d’activités non stratégiques constitué en 2009. Le montant de celui-ci s’élevait à 105 milliards de livres fin septembre.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...