Heineken devra encore se battre pour remporter APB
Ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué! Alors que Fraser&Neave (F&N) a finalement accepté vendredi de céder à Heineken sa participation dans le brasseur singapourien Asia Pacific Breweries (APB), la famille du milliardaire thaïlandais Charoen vient de relever son offre sur APB.
Dans un marché brassicole qui finit sa concentration, la lutte est rude pour prendre le contrôle d’un acteur majeur sur le marché asiatique en pleine croissance, relais nécessaire pour les groupes occidentaux.
Le mois dernier, la famille Charoen a acquis 24% de F&N via Thai Beverage, et 8,6% d’APB via Kindest Place, et lancé une offre à 45 dollars singapouriens par action APB pour les 7,3% d’APB détenus directement par F&N. Heineken, détenant déjà 41,9% du capital d’APB, n’a pas voulu se faire doubler et a surenchéri le 20 juillet, offrant 50 dollars par titre APB, sur les 39,7% du capital détenu par son partenaire F&N. En effet, près de 65% du capital d’APB est détenu par une coentreprise à 50/50 entre Heineken et F&N. Heineken s’est alors engagé à lancer une offre au même prix sur les 18,4% de flottant, prêt à débourser 4,9 milliards d’euros pour prendre le contrôle à 100% d’APB.
Après quinze jours de réflexion et en l’absence de nouvelle contre-offre, F&N a fini par accepter vendredi dernier l’offre de Heineken, recommandant à ses actionnaires de voter en faveur de cette opération lors de la prochaine assemblée générale.
L’annonce de la surenchère de Kindest Place, offrant 55 dollars pour les 7,3% d’APB détenus par F&N, vient fragiliser la situation du groupe néerlandais. La famille Charoen , qui devrait ainsi voter contre l’offre de Heineken, possède un vrai pouvoir d’opposition avec près d’un quart du capital via Thai Beverage. Toutefois, Heineken a rappelé hier que son offre est «plus riche» que celle, partielle, de son adversaire et qu’elle créerait plus de valeur pour les actionnaires. F&N aura jusqu’au 16 août pour se prononcer sur cette nouvelle offre. En attendant, le marché voit ce rebondissement de mauvais augure pour Heineken, dont le titre a brutalement décroché en séance clôturant en recul de 2,42% à 44,38 euros. Reste à savoir si Heineken fera un geste supplémentaire… A 55 dollars, l’offre valorise APB 19 fois son Ebitda, contre 17 fois pour celle de Heineken, et 13 pour les opérations dans le secteur ces cinq dernières années, selon Bloomberg.
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