Havas va devoir prouver que sa taille lui permet de se démarquer de ses grands concurrents

Le groupe retrouve un peu de croissance mais celle-ci reste inférieure à celles de Publics ou d’Omnicom, en cours de rapprochement
Olivier Pinaud

Ni son changement de PDG, ni le projet de rapprochement entre Publicis et Omnicom, qui créera le numéro un mondial, ne feront dévier Havas de sa stratégie. Le cinquième groupe mondial de publicité compte justement profiter de sa taille, limitée par rapport à ses concurrents, notamment le principal d’entre eux, Publicis, pour se démarquer. David Jones, le directeur général monde de l’agence, a d’ailleurs souligné vendredi, lors de la présentation des résultats semestriels, que la force d’Havas vient de son «agilité».

Désormais dirigé par Yannick Bolloré, le fils de Vincent Bolloré, premier actionnaire du groupe de publicité avec 36,5% de son capital, Havas compte profiter des désordres provoqués par la fusion Publicis-Omnicom pour gagner de nouveaux contrats et alimenter la reprise de sa croissance, encore inférieure à celle de ses concurrents. Au deuxième trimestre, Havas a enregistré des résultats meilleurs qu’attendu, grâce notamment à une hausse de 3,3% de ses revenus en France, mais au total, à 1,7%, sa croissance organique reste inférieure à celle des majors du secteur. Les estimations des analystes tablaient sur une croissance organique variant de nulle à 1,5%. Publicis a enregistré une progression de 5% de ses revenus au deuxième trimestre tandis que l’actuel numéro un mondial, WPP, a signé une hausse de 2,7%. Les deux groupes ont relevé leurs prévisions annuelles et ont revu en hausse leurs projections annuelles. Havas ne fournit pas d’objectifs annuels.

Cette plus faible croissance n’empêche pas Havas de dégager des marges proches de celles de ses concurrents. Au premier semestre, sa marge opérationnelle courante s’est élevée à 13,0%, contre 11,9% lors de la période correspondante l’an dernier, atteignant ainsi son niveau record. Elle était de 10,1% il y a quatre ans. Publicis a dégagé pour sa part une marge de 13,8%. Reste maintenant à Yannick Bolloré à porter Havas plus haut, notamment en accélérant sa politique d’acquisitions, en sommeil depuis plusieurs années. A la fin du premier semestre, le groupe bénéficiait de 1,3 milliard d’euros de financements disponibles pour une dette nette de 372 millions d’euros.

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