Hapag-Lloyd s’invite dans le mouvement de concentration du transport maritime de marchandises
Hapag-Lloyd ne veut pas rester à la traîne de ses trois grands concurrents européens, Maersk, MSC et CMA CGM dont le projet d’alliance «P3» conduirait à renforcer leur domination sur le marché mondial du transport maritime de marchandises. Après les fuites parues dans le journal Die Welt, le groupe allemand a reconnu hier mener des discussions avec le chilien Compania Sud Americana de Vapores (CSAV), premier transporteur maritime sud-américain. Coté en Bourse, le chilien a également reconnu ces contacts. Mais les deux groupes ont précisé qu’ils n’avaient pour l’instant abouti sur aucun accord.
En pertes depuis 2010, et soutenu financièrement par la holding Quinenco de la famille Luksic, CSAV a été frappé par la chute des prix du fret maritime. Malgré le rebond de 16% provoqué par la révélation des discussions avec Hapag-Lloyd, son cours de Bourse a chuté de 85% depuis 2010. Sa capitalisation boursière s’élève à environ 630 millions d’euros.
Pour Hapag-Lloyd, le rapprochement permettrait de dégager des économies d’échelle. Le groupe allemand, détenu notamment à 22% par le voyagiste TUI, a tenté, en vain, ces derniers mois de se rapprocher de son compatriote Hamburg Süd. Numéro six mondial, Hapag-Lloyd pourrait espérer avec une fusion remonter dans le classement et présenter une histoire plus favorable alors que son introduction en Bourse après l’été 2014 reste une possibilité.
Depuis des mois, le secteur tente de contrer les effets de la chute et de la volatilité des tarifs. Hapag-Lloyd est à l’origine de la création en 2012 de G6, alliance regroupant six transporteurs. CMA CGM s’est également associé fin 2001 avec l’italo-suisse MSC. Mais l’électrochoc viendra surtout de la conclusion de l’accord «P3», entre les trois plus grands du secteur. Censée générer des économies, cette alliance, sans opération sur le capital des trois protagonistes, vise à remettre de l’ordre dans les pratiques tarifaires.
Initialement prévue pour 2014, «P3» risque toutefois de prendre du retard. La Commission européenne a ouvert fin novembre une enquête pour un présumé cartel dans le transport maritime. Quatorze sociétés sont visées, dont les trois premiers mondiaux. L’enquête pourrait durer jusqu’à deux ans. Or, des officiels européens ont laissé entendre que le feu vert éventuel à l’alliance «P3» dépendra des résultats de cette enquête.
Plus d'articles du même thème
-
Invesco a collecté 88 milliards de dollars au troisième trimestre 2026
La société de gestion américaine gère désormais 2.537,8 milliards de dollars d’actifs. -
Le CCF accentue son avance sur son plan stratégique
La banque récolte les fruits de sa restructuration. Les objectifs de revenus et de rentabilité prévus pour fin 2028 sont en passe d’être atteints dès cette année. -
Le FEI engage 30 millions d’euros dans un fonds de capital-risque dédié à la gestion de l’eau
Le Fonds européen d’investissement a sélectionné une stratégie d'origine néerlandaise qui cible les technologies émergentes sur le traitement de l’eau.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
FrontièresImmigration : après Ceuta, l’agence européenne Frontex en passe d’être renforcée
La Commission européenne propose de donner plus de pouvoirs et de moyens à l’agence européenne des gardes-frontières -
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques