GTT veut valoriser en Bourse un modèle extrêmement rentable
Gaztransport & Technigaz (GTT) aura la lourde tâche d’ouvrir le marché français des introductions en Bourse en 2014. En fonction des conditions, le calendrier prévoit une cotation courant février. L’opération ne comprendra aucune émission de nouveaux titres. Elle vise à ouvrir une porte de sortie à Total et au fonds britannique Hellman & Friedman (H&F), deux des trois actionnaires, alors que le processus de cession mené en 2012 par Lazard n’a pu aboutir.
Total et H&F céderont une partie de leurs 30% respectifs. En revanche, GDF Suez conservera ses 40% afin de réaffirmer le caractère stratégique de cette participation. Le groupe d’énergie nomme trois administrateurs sur huit, plus le président. Mais ce poste, occupé par Philippe Berterottière, dispose d’une voix prépondérante.
Malgré une taille modeste, 223 millions d’euros de chiffre d’affaires attendu en 2014, GTT est un maillon stratégique dans la chaîne énergétique en concevant les membranes de transport par bateau du gaz naturel liquéfié (GNL). «Les projets gaziers représentent plusieurs dizaines de milliards de dollars d’investissements. Les majors ont donc besoin d’une grande sécurité industrielle pour être certains que le gaz extrait sera correctement acheminé vers les clients», explique Philippe Berterottière.
D’où des barrières fortes à l’entrée. Créé il y a cinquante ans, GTT a équipé 69% des 366 méthaniers actuellement en service sur les océans. Elle se rémunère via les licences d’utilisation de ses technologies payées par les clients. Sur les 210 millions de dollars que coûte un méthanier, GTT perçoit environ 4%. Sa structure à coûts fixes, et sans investissements lourds, se révèle extrêmement rentable : 50% de marge nette attendue en 2014, autant qu’en 2013. Même en 2009, où elle n’a enregistré que deux commandes, la filiale de GDF Suez a réalisé 31% de marge nette. Sans dette, GTT transforme près de la moitié de son chiffre d’affaires en flux de trésorerie opérationnel.
Si la croissance de GTT dépend de celle du marché du GNL, le modèle économique permet une valorisation par l’actualisation des cash-flows. L’entrée en 2008 de H&F au capital valorisait GTT un peu plus d’un milliard d’euros. Les actionnaires, qui ont touché plus de 200 millions d’euros de dividendes depuis 2011, espèrent obtenir une valorisation supérieure au prix de 2008. L’introduction est dirigée par Deutsche Bank, Morgan Stanley et Natixis.
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