GSK fait les frais de la lutte anticorruption en Chine trois ans après Rio Tinto
Le scandale de corruption qui affecte le laboratoire britannique GlaxoSmithKline en Chine n’en finit pas de s’étendre. GSK a versé des pots-de-vin à des fonctionnaires et à des médecins chinois via des agences de voyages et de conseils pendant six ans pour gonfler ses volumes et ses prix de vente en Chine, ont annoncé lundi les autorités. Quatre membres de la direction chinoise du groupe pharmaceutique britannique ont été arrêtés, a précisé à la presse Gao Feng, chef de l’unité de répression des crimes économiques au ministère de la Sécurité publique. Aucun ressortissant britannique ne figure à ce stade parmi les prévenus.
Depuis 2007 le groupe a, selon Gao Feng, versé jusqu'à trois milliards de yuans (375 millions d’euros) à 700 agences de voyages et de conseils. Il n’a pas précisé la part de ces dépenses utilisées en pots-de-vin. «Nous avons des raisons suffisantes de soupçonner que ces transferts ont été réalisés illégalement. On pourrait dire que les agences de voyages et GSK étaient complices», a-t-il poursuivi, selon des propos rapportés par Reuters.
Le groupe britannique, dont l’action n’a quasiment pas réagi ces derniers jours au scandale grandissant, a fait amende honorable hier dans un communiqué. Il passe sous revue l’ensemble de ses contrats avec les agences, et a coupé les ponts avec celles qui sont incriminées dans l’enquête. La société avait indiqué auparavant n’avoir trouvé aucune preuve de corruption en Chine, tout en ajoutant qu’elle était disposée à collaborer avec les autorités chinoises. Elle dit n’avoir été informée de l’enquête qu’au début du mois de juin.
En Chine, le groupe britannique commercialise essentiellement des vaccins, des médicaments contre les maladies pulmonaires ainsi que des traitements contre le cancer. Cité par l’agence Chine nouvelle, le vice-président de GSK Chine, qui fait partie des quatre personnes arrêtées, a déclaré que des médicaments d’un coût de fabrication de 30 yuans (3,70 euros) pouvaient être vendus dix fois plus cher à des patients.
GSK est la plus importante société à faire l’objet d’une enquête pour corruption depuis l’emprisonnement de quatre dirigeants du géant minier Rio Tinto en mars 2010, accusés d’avoir accepté des pots-de-vin et volé des secrets commerciaux. Dans le cas de Rio Tinto, les quatre dirigeants - un citoyen australien né en Chine et trois Chinois - ont été condamnés à des peines de prison allant de sept à quatorze ans.
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