Groupon joue sur le flottant de son IPO pour stimuler sa valorisation
Andrew Mason, le fantasque fondateur et PDG de Groupon ne manque pas d’astuces pour réussir son IPO dans un marché tendu. Après avoir revu ses prétentions à la baisse de 750 à 510 millions de dollars, le site de vente de coupons en ligne compte mettre 4,7% de ses actions sur le marché, un flottant historiquement faible aux Etats-Unis, même pour une société internet. A titre de comparaison, Google avait mis 7,2% de ses actions en vente lors de son IPO en 2004 et LinkedIn 8,3% en mai dernier. Paul Deninger, associé chez Evercore Partners, estime que lors d’une IPO classique, le flottant moyen est de l’ordre de 20 à 25% des parts du groupe.
Objectif: atteindre un niveau de valorisation de la société de 11,4 milliards de dollars, soit 5 fois ses ventes prévues pour 2012 alors qu’Amazon.com se traite à un ratio de 1,5 fois et Microsoft, 2,9 fois. Conseillé par Morgan Stanley, Goldman Sachs et Credit Suisse, Groupon cherche une sursouscription à son IPO, prévue la semaine prochaine, qui doperait automatiquement son niveau de valorisation. A l’instar de Zynga qui prévoit un flottant de 10%, Groupon «utilise un faible flottant pour faire gonfler la valorisation» estime Josef Schuster, fondateur d’IPOX Schuster qui envisage de participer à l’opération.
Mais l’expérience de Pandora, qui a vu son titre s’envoler de 8,9% à sa première journée de cotation en juin avant de plonger de 24% à la séance suivante pour traiter actuellement à un niveau de 7,2% inférieur à son cours d’introduction, a refroidi les enthousiasmes. Cette semaine, Groupon a testé l’appétit des investisseurs et proposerait un prix compris entre 16 et 18 dollars par action. A 18 dollars, Groupon atteint son objectif de valorisation, mais prend le risque qu’un faible flottant entraîne une forte volatilité sur le titre.
Qui plus est, Groupon bride les droits des souscripteurs de l’opération. Les trois fondateurs du site bénéficieront de 150 droits de votes par titre, alors que les porteurs d’actions ordinaires auront droit à un vote par titre pour des décisions internes stratégiques telles que l’élection des dirigeants ou la cession de la société. Andrew Mason et son associé Eric Lefkofsky détiennent respectivement 20% et 7,4% dans le groupe qu’ils ont cofondés. Le fondateur de Zynga s’octroie déjà 70 droits de vote par titre, alors que les présidents et fondateurs de Facebook, Google et LinkedIn ont un pouvoir de 10 votes par action.
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