Groupe Gascogne met finalement en vente 36,5% de son chiffre d’affaires
Six semaines après avoir lancé un avertissement sur ses résultats 2011, groupe Gascogne, l’un des principaux acteurs français de la filière bois, est contraint de renforcer son recentrage stratégique pour endiguer ses pertes et améliorer sa structure financière. C’est désormais l’ensemble de sa division Complexes (matériaux multicouches) qu’il met en vente, soit 184 millions d’euros ou 36,5% de son chiffre d’affaires sur la base du périmètre réel 2011.
Il avait auparavant annoncé la cession des activités suisses de cette division correspondant à 8,6% du chiffre d’affaires, la filiale helvétique ayant enregistré une perte d’exploitation de 3,4 millions d’euros l’an dernier. La perte opérationnelle courante du groupe s’élève à 2,9 millions, «dont 2 millions de coûts non récurrents liés aux mesures d’économies initiées en 2011», précise le papetier landais.
Les activités en voie de cession affichent un résultat déficitaire de 5,9 millions qui s’ajoute à la perte nette de 26,6 millions des activités poursuivies. Cette perte élevée, en dépit d’un chiffre d’affaires en progression de 9,4% sur le nouveau périmètre, provient d’une «dépréciation de 23,3 millions sur les actifs des activités papiers et sacs» en Grèce et en Allemagne, plus des provisions pour litiges et restructuration d’un montant total de 3,8 millions.
Compte tenu d’investissements industriels de 20,1 millions, près de deux fois supérieurs aux flux de trésorerie d’exploitation, la dette nette a augmenté de 13,3% à 100,8 millions en 2011, ce qui représente 65,5% des fonds propres contre 47,7% fin 2010. Afin de réduire les besoins de financement du groupe à court terme, sa filiale Forestière de Gascogne a annoncé en décembre «s’engager dans une stratégie accélérée de déstockage de bois sur trois ans au lieu des cinq ans initialement prévus».
Dans ce contexte délicat, la renégociation entamée avec les banques d’un crédit syndiqué de 78 millions d’euros, tiré à hauteur de 90%, a déjà conduit celles-ci à accepter «une dérogation («waiver») des cas de défaut, le report d’une échéance de principal de fin mars et le maintien de lignes bilatérales pendant la phase de négociation». Le pool bancaire a également débloqué un prêt complémentaire de 11,6 millions. Concernant la restructuration de sa dette sur un horizon de moyen terme, le groupe a indiqué que les discussions étaient «toujours en cours», sans fournir de date-butoir.
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