Gouvernance des risques : des efforts restent à faire
Les sujets de responsabilité sociale et environnementale (RSE), de plus en plus traités par les conseils et désormais inscrits dans le code Afep-Medef, alimentent-ils réellement les réflexions stratégiques des entreprises ? s’interrogent EY et Labrador dans leur panorama 2018 de la gouvernance, dévoilé ce matin. Ils encouragent à coopter des administrateurs experts en RSE, à traiter les sujets de stratégie RSE en conseil, et à mettre en place des objectifs chiffrés. 58% des groupes du CAC 40 ont un comité dédié à la RSE, contre 29% dans le SBF 120 et 10% dans les midcaps.
Avec la multiplication des réglementations en matière d’éthique et de conformité, le CAC 40 «semble tirer les pratiques vers le haut en matière de déploiement de programmes de compliance anticorruption», note l’étude, tout en soulignant l’insuffisance des progrès du SBF 80 et des Midcaps. Seuls 10% des entreprises du SBF 120 ont une charte éthique (32% dans le CAC 40) et seul un tiers des sociétés cotées a mis en place une cartographie des risques sur la fraude et la corruption. Elle est pourtant «la pierre angulaire de tout dispositif de compliance, ajoute EY. On s’attend donc à leur généralisation». L’amélioration de ces programmes d’éthique et de conformité passe par «un engagement réel et affirmé de la direction», autrement dit par des investissements humains et financiers. Un tiers du CAC 40 et la moitié du SBF 120 n’ont pas de directeur éthique. Si le SBF 120 dispose à 85% d’une charte éthique, cette dernière reste un recueil de règles. Aussi, «former et proposer un document didactique sont les prochains défis des compliances officers», selon l’étude.
Ces nouvelles règles et la suppression du rapport du président sur le contrôle interne ont conduit les entreprises à mieux présenter les risques (sous forme de tableaux dans 40% du CAC 40 et 21% du SBF 120) et à donner une information plus concentrée sur les thèmes critiques. Néanmoins, les pratiques évoluent lentement. Un tiers du SBF 120 et plus de la moitié des midcaps ne mettent pas à jour annuellement leur cartographie des risques. Dans un contexte technologique en rupture, les administrateurs doivent s’assurer que la société dispose des bons outils pour détecter et évaluer les nouveaux risques, et devenir plus exigeants sur les données qui leur sont fournies. La gestion des risques se veut désormais «exhaustive, décloisonnée, fortement outillée et prédictive», relève l’étude.
Enfin, le partage de la valeur ajoutée devrait devenir un sujet de travail pour les conseils…
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