Goldman Sachs valorise Facebook à 50 milliards de dollars

La banque a investi 450 millions dans le site. Alors qu’il ne publie toujours pas ses résultats, la pression monte pour le pousser à entrer en Bourse
Patrick Aussannaire

Facebook suscite autant de convoitises que d’interrogations. Le New York Times a révélé que Goldman Sachs aurait investi 450 millions de dollars dans le site de réseau social. Une transaction qui valoriserait Facebook à environ 50 milliards de dollars, un montant écrasant la valorisation de ses comparables eBay, Yahoo et Time Warner. La société d’investissement russe Digital Sky Technologies, qui détient déjà environ 10% du capital de Facebook selon des déclarations récentes de son dirigeant, Yuri Milner, aurait investi 50 millions supplémentaires pour éviter toute dilution de ses parts.

Dans le même temps, l’opacité des comptes des sociétés internet non cotées en Bourse a éveillé les soupçons de la Securities and Exchange Commission (SEC). Celle-ci a diligenté une enquête sur le recours au marché privé par Facebook, mais également Twitter, le site de jeux en ligne Zynga ou le site de réseau professionnel LinkedIn, pour vendre ou acheter leurs propres actions. La SEC souhaite vérifier que ces sociétés ont moins de 500 actionnaires. Dans le cas contraire, elles auraient l’obligation de déclarer au public des informations financières importantes, dont leurs résultats. Les investisseurs se demandaient déjà ce qui retenait Facebook de faire son entrée en Bourse. L’enquête de la SEC et la valorisation du groupe devraient encore renforcer la pression sur Mark Zuckerberg, son PDG, pour une prochaine IPO.

Si Facebook ne publie aucun résultat, les analystes estiment que la société dégage des profits et pourrait afficher un chiffre d’affaires annuel d’environ 2 milliards de dollars. Les 50 milliards de dollars représentent ainsi une valorisation d’environ 25 fois le revenu annuel estimé. Un niveau de valorisation gargantuesque comparé à la référence du secteur, Google, valorisé 8 fois son chiffre d’affaires 2009 et 6 fois celui estimé pour 2012.

La rapidité de l’ascension de Facebook rend néanmoins très difficile la fixation d’une valorisation fiable. Une étude du cabinet Experian Hitwise publiée la semaine dernière faisait de Facebook le site le plus visité devant Google en 2010 aux Etats-Unis, poussant certains analystes à prédire un doublement du chiffre d’affaires en 2011 et en 2012, ce qui ramènerait sa valorisation actuelle à des niveaux proches des multiples de Google d’ici à fin 2012.

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