Glencore tire sa richesse d’un profil atypique d’activités
En nommant hier l’ancien légionnaire, explorateur, dirigeant et administrateur (Deutsche Bank, Hutchison Wampoa, Vivendi…), Simon Murray, à la présidence de son conseil, Glencore confirme son profil atypique. Créé en 1974 par Marc Rich, gracié par Bill Clinton le dernier jour de sa présidence pour une affaire fiscale, le courtier en matières premières ressemble à peu d’autres entreprises. Spécialisé initialement dans le négoce de métaux, Marc Rich & Co. se lance aux débuts des années 80 dans les matières agricoles. S’ensuit alors une série d’acquisitions dans les mines, dont une prise de participation en 1990 dans Xstrata. Cédé en 1994 à ses associés, le courtier prend alors le nom de Glencore, pour Global Energy Commodity Resources.
Depuis cette frénésie d’acquisitions, le groupe implanté dans la ville suisse de Zoug affiche un portefeuille hétéroclite. Des exploitations agricoles et des élevages, en Europe centrale, en Asie ou en Amérique latine. Des champs pétroliers au large de l’Afrique. Et enfin une multitude de participations dans des entreprises cotées en Bourse. Outre les 34,5% toujours détenu au capital du groupe minier Xstrata, Glencore détient ainsi 8,8% de Rusal, numéro deux mondial de l’aluminium, 44% du canadien Century Aluminium, 70,5% de Minara Resources, le numéro deux australien du nickel, ou bien encore 32,2% de Recylex, l’ancien Metaleurop.
Difficile à décrypter pour les analystes, cette diversification permet toutefois au groupe de profiter de plusieurs moteurs de croissance. En 2010, Glencore a dégagé un chiffre d’affaires de 145 milliards de dollars, en hausse de 36%. Son excédent brut d’exploitation (Ebitda) a bondi de 58% à 6,2 milliards de dollars. Et son bénéfice net a atteint 3,79 milliards, 1,7 milliard de plus qu’en 2009. Le prix théorique de l’IPO valoriserait environ 14 fois ce résultat net.
Après sa cotation, Glencore n’entend pas renoncer à cette richesse. Outre les 2,2 milliards de dollars destinés à financer la montée au capital du producteur kazakh de zinc Kazzinc, le courtier prévoit de puiser 5 milliards de dollars dans les fonds levés en Bourse pour investir dans différentes activités d’ici à 2013. Mais le plus grand projet reste une prise de contrôle de Xstrata. La cotation est perçue comme un préalable indispensable à la fusion. La valorisation de Glencore tutoierait alors les 130 milliards de dollars, quasiment autant que Rio Tinto, le troisième groupe minier mondial.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français