Glencore se renforce dans le négoce des céréales en rachetant Viterra
Rien n’arrête Glencore! Le numéro un mondial du négoce de matières premières, toujours en course pour fusionner avec le groupe minier Xstrata (une opération de 33 milliards d’euros), vient de s’offrir le canadien Viterra, spécialiste de l’exportation de céréales, pour 6,1 milliards de dollars canadiens (4,65 milliards d’euros) en numéraire. Ce dernier a dégagé l’an dernier 265 millions de dollars de bénéfice net pour 11,8 milliards de chiffre d’affaires.
Une opération rondement menée ! En début de semaine dernière, la presse anglo-saxonne évoquait une offre initiale de 5 milliards de dollars canadiens, mais aussi l’intérêt d’autres acteurs, comme Cargill et des spécialistes américains de denrées agricoles Bunge et Archer Daniels Midland. L’intérêt des prédateurs s’est accru depuis qu’en décembre dernier, le Canada a décidé de mettre fin au monopole de la commission du blé, par laquelle transitent 10% des ventes de blé dans le monde. A partir du 1er août les céréaliers de l’Ouest canadien pourront vendre leur production à d’autres acheteurs.
Avec une offre de 16,25 dollars canadiens par action Viterra, soit une prime de 48% sur le cours du 8 mars, avant que le groupe canadien confirme avoir reçu des marques d’intérêt, Glencore a obtenu l’approbation à l’unanimité du conseil de Viterra.
Le géant suisse renforcera sa position dans les céréales et les oléagineux. Ce rachat «reflète notre conviction de l’importance et du potentiel futur des marchés céréaliers au Canada et en Australie», explique Chris Mahoney, directeur des produits agricoles de Glencore.
Glencore a convenu avec Agrium et Richardson de leur revendre la majorité des actifs canadiens de Viterra et de quelques autres actifs pour 2,6 milliards de dollars (2 milliards d’euros), dont 1,8 milliard pour Agrium et 800 millions pour Richardson. Glencore, qui financera le solde sur sa trésorerie et sur ses lignes de crédit disponibles, estime que l’opération aura un impact positif dès 2013.
Glencore bénéficie d’une indemnité de résiliation de 185 millions en cas de dédit de Viterra ou si le conseil retire sa recommandation, tandis que Glencore lui devra 50 millions en cas d’échec pour des raisons réglementaires. Bank of America Merrill Lynch et RBC conseillent Glencore, tandis que Viterra est épaulé par Canaccord Genuity. La finalisation est attendue au troisième trimestre, après le vote des actionnaires de Viterra en mai.
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