Glencore ne compte pas s’arc-bouter sur l’acquisition de Xstrata

La baisse plus faible que prévu de son bénéfice semestriel renforce la résolution du groupe minier suisse de ne pas surpayer son concurrent
Yves-Marc Le Reour

Les résultats semestriels publiés hier par Glencore ne vont pas simplifier la prise de contrôle de son concurrent britannique Xstrata dont il détient déjà 34% du capital. Le groupe suisse affiche certes une baisse de 26% à 1,8 milliard de dollars (1,47 milliard d’euros) de son bénéfice net récurrent au premier semestre 2012. Mais les analystes interrogés par Bloomberg tablaient sur un repli plus important d’environ 33% en rythme annuel.

De plus, c’est son activité de négoce qui a permis au conglomérat, présent dans les métaux, l’énergie et les produits agricoles, de mieux résister à la chute du cours des matières premières, son chiffre d’affaires progressant de 17% à 108 milliards. «Nous n’anticipons aucune amélioration significative des conditions économiques ou de marché à court terme», commente le directeur général Ivan Glasenberg.

Xstrata, dont le fonds souverain qatari possède désormais près de 12% du capital, a de son côté récemment publié un bénéfice semestriel en repli d’un tiers à 1,94 milliard de dollars. Ce fonds a indiqué en juin dernier être prêt à accepter une parité d’échange de 3,25 actions Glencore pour chaque action Xstrata non encore détenue par le groupe suisse, contre 2,8 fois proposée depuis le mois de février par celui-ci.

«Je ne vais pas indisposer mes actionnaires en surpayant», souligne Ivan Glasenberg en ajoutant qu’un vote négatif du Qatar le 7 septembre prochain «aura pour effet de bloquer la transaction». Etant donné que d’autres actionnaires, comme Knight Vinke AM et Standard Life, ont également demandé une offre améliorée, le seuil de 16,5% du capital nécessaire pour faire échouer la transaction ne semble pas hors de portée, Glencore ne pouvant de toute façon pas prendre part à ce vote en vertu du droit boursier britannique.

«Nous ne savons pas si Glencore est complètement transparent sur ses intentions (…) ou s’il veut adoucir l’opposition des actionnaires dissidents de sa cible, en relevant finalement son offre à 3 actions Glencore par titre Xstrata», relèvent les analystes de Jefferies. Au cours de clôture des deux sociétés hier à Londres, le ratio de 2,57 retenu par le marché traduit en tout cas une probabilité élevée d’échec. Même si Glencore a refusé de déclarer que son offre était définitive, trouver un terrain d’entente entre les deux parties semble plus difficile que jamais.

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