Glencore et Xstrata engendreraient un mastodonte des matières premières

Le groupe de négoce semble plus proche que jamais de pouvoir séduire sa filiale minière, grâce à la visibilité que lui offre sa cotation
Benoît Menou

Glencore revient à la charge. Le groupe suisse de négoce de matières premières a approché Xstrata, le groupe minier dont il détient déjà 34% du capital, en vue d’une «union entre égaux», selon une information dévoilée par Bloomberg puis confirmée par les deux sociétés. Les discussions portent sur un échange de titres, la valorisation du nouvel ensemble atteignant 52 milliards de livres (63 milliards d’euros), sans certitude pour l’heure qu’une offre soit finalement formalisée.

Selon les règles boursières britanniques, Glencore a désormais jusqu’au 1er mars pour préciser publiquement ses intentions. Basés en Suisse, les deux groupes sont en effet cotés outre-Manche, ainsi qu’à Hong Kong pour Glencore. Selon Bloomberg, un accord pourrait être scellé dès cette semaine, tandis que le Financial Times évoquait une annonce avant la publication des résultats annuels de Xstrata mardi prochain.

En nouant le numéro un mondial du négoce de matières premières et l’un des premiers groupes miniers, le mariage donnerait naissance à un géant d’un nouveau genre, avec un chiffre d’affaires de plus de 180 milliards de dollars. Ivan Glasenberg, le patron de Glencore, ne faisait pas mystère depuis des années de son appétit de croissance externe, particulièrement à destination de Xstrata qui pourrait s’appuyer sur les traders de Glencore pour mieux vendre ses matières premières. Les analystes de Credit Suisse estimaient en fin d’année dernière que la fusion pourrait générer 700 millions de dollars d'économies.

L’introduction en Bourse de Glencore en mai 2011 a donné au dirigeant une réponse concrète aux réticences pressenties de Xstrata du fait de l’opacité et de la délicate valorisation du groupe de négoce. Xstrata semble désormais plus réceptif. Mais les rapprochements de cette taille sont complexes. Les précédentes tentatives d’ampleur comparable ont échoué, à savoir l’assaut de Xstrata sur Anglo American en 2009 ou celui de BHP Billiton sur Rio Tinto l’année précédente.

Glencore devra aussi résoudre la question de la prime offerte aux actionnaires minoritaires de Xstrata, peu séduits pour certains à l’idée de devenir actionnaires du courtier. Le groupe est conseillé par Citigroup et Morgan Stanley, deux des trois banques qui avaient mené son introduction en Bourse. Xstrata est épaulé par Nomura, Goldman Sachs, Deutsche Bank et JPMorgan.

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