Glencore anime le négoce de matières premières en lorgnant le canadien Viterra

Le courtier suisse aurait présenté au groupe canadien une offre de 3,8 milliards d’euros. Mais il ne serait pas le seul en piste
Benoît Menou

Le numéro un mondial du négoce de matières premières Glencore International ne quitte pas le feu des projecteurs. Introduit en Bourse l’an passé et formellement lancé sur la piste de Xstrata, par le biais d’un projet d’offre sur le groupe minier dont il détient déjà un tiers du capital, le groupe suisse convoiterait en parallèle le spécialiste canadien des grains, Viterra. Un intérêt relayé en premier lieu hier outre-Manche par le Sunday Telegraph. Glencore aurait transmis à sa cible une offre de quelque 5 milliards de dollars canadiens, l’équivalent de 3,8 milliards d’euros. Soit un dixième environ de l’offre envisagée sur Xstrata (33,1 milliards d’euros ou 27,7 milliards de livres en Bourse de Londres).

Mais concernant Viterra, Glencore ne serait pas seul en piste. De l’aveu même de la cible, qui a indiqué vendredi dernier avoir reçu des marques d’intérêt de la part de plusieurs parties. Le Wall Street Journal évoque Cargill comme prétendant. Aston Hill Financial cite de son côté les spécialistes américains des denrées agricoles Bunge et Archer Daniels Midland. Dès lors, pas de doute aux yeux de Belinda Moore chez RBS Morgans, «nous pourrions assister à une guerre des enchères sur Viterra, et le prix à payer pourrait être élevé». L’analyste estime que Glencore pourtant pourrait ne pas être intéressé en réalité par l’ensemble des activités de Viterra.

L’issue de l’offre de rachat visant Xstrata n’est en effet pas dénuée d’incertitudes pour Glencore, qui se doit de ne pas ignorer d’autres pistes de développement. Le directeur général du courtier, Ivan Glasengberg, a rappelé lundi dernier que Glencore chercherait dans le sillage de son IPO à développer son activité agricole en Amérique du Nord. «Nous étudierons de façon opportuniste tous les dossiers qui se présenteront» a tenu à souligner le dirigeant.

Pour autant, le rachat de Viterra par un acteur étranger pourrait bien se heurter au patriotisme économique canadien, comme en a fait les frais il y a deux ans BHP Billiton qui visait alors Potash Corp. La réglementation locale implique en effet que tout projet de rachat d’actifs supérieur à 240 millions d’euros environ doit faire l’objet d’une analyse du gouvernement afin de déterminer s’il est susceptible d’être bénéfique au pays. C’est pourquoi Glencore pourrait en parallèle de sources concordantes être également intéressé par la reprise du concurrent américain de Viterra, Gavilon.

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