GlaxoSmithKline passe en force et lance une offre hostile sur Human Genome
Trois semaines après l’annonce de sa volonté de racheter Human Genome Sciences (HGS), GlaxoSmithKline (GSK) passe à l’attaque. Le géant britannique a déclaré hier qu’il ne participera pas à la revue stratégique de la biotech américaine, mais qu’il lancera son offre hostile dès cette semaine, toujours au prix de 13 dollars par action en cash, valorisant HGS 2,6 milliards de dollars (2 milliards d’euros). Le titre HGS cote toujours au-dessus de 14 dollars.
GSK assure qu’il préférerait une opération amicale et se dit prêt à discuter avec HGS à tout moment, mais estime son offre «équitable», avec une prime de 81% sur le dernier cours avant l’annonce de l’offre.
Le conseil d’administration de HGS donnera un avis motivé sous dix jours. En attendant, il demande aux actionnaires de ne pas agir, jugeant toujours que le prix offert «ne reflète pas la valeur inhérente à HGS». L’offre valorise 11 fois le chiffre d’affaires 2012 contre une médiane de 41 fois pour les acquisitions de biotechs l’an dernier souligne Bloomberg. Les actionnaires devraient être réticents à apporter leurs titres, d’autant que certains sont entrés en juillet 2009 entre 15 et 18 dollars, après les résultats prometteurs de Benlysta. L’action avait même dépassé les 34 dollars début 2010.
«A 13 dollars, c’est une bonne affaire [pour GSK], estime un gérant de Taube Hodson Stonex, détenant 5,6% de HGS. Je continue à penser qu’il est fort probable qu’ils devront payer davantage.» Glaxo «devra relever son offre mais probablement pas de manière significative, ajoute un analyste de Cenkos. Le juste prix pour les actionnaires serait autour de 17 ou 18 dollars par action».
Conseillé par Lazard et Morgan Stanley, GSK estime que c’est le «moment approprié» pour fusionner les deux groupes, d’autant que «GSK est particulièrement bien placé pour tenir les promesses de Benlysta [traitement du lupus], albiglutide [diabète] et darapladib [maladies cardio-vasculaires].» Les deux laboratoires se partagent les droits de Benlysta, tandis que GSK développe les deux autres molécules. De ce fait, il semble peu probable qu’un chevalier blanc apparaisse, GSK contrôlant déjà les médicaments phares de HGS.
En revanche, GSK juge inutile de travailler sur la revue stratégique de HGS, pour laquelle Goldman Sachs et Credit Suisse ont été engagés, son offre n’étant pas conditionnée à la réalisation de due diligence ou d’obtention de financement.
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