General Electric maintient son cap dans un environnement incertain
General Electric (GE) reste prudent. Inquiet des conséquences du « fiscal cliff » et de la crise européenne, le directeur général du conglomérat industriel américain, Jeff Immelt, a légèrement révisé hier, lors de la conférence annuelle aux analystes, ses prévisions de croissance du chiffre d’affaires industriel à environ 8%, contre 10% annoncés en septembre. «Clairement, il y a eu une pause dans les investissements réalisés par certaines industries. Nous connaissons sans aucune doute un ralentissement au quatrième trimestre» estime-t-il. GE Capital, la branche malade durant la crise, pourrait finir l’année avec environ 420 milliards de dollars d’investissements nets, mais Jeff Immelt vise une taille optimale comprise entre 300 et 400 milliards.
Pour l’année prochaine, le groupe table sur une croissance de l’activité industrielle de 2 à 6%, et du chiffre d’affaires global de 0 à 5%, après 3% cette année. Une fourchette en ligne avec les anticipations des analystes, de 2,4%. Si GE ne fournit plus de prévision de résultat, le groupe compte atteindre ses objectifs de réductions de coûts d’un milliard de dollars cette année et davantage en 2013, afin d’augmenter sa marge de 30 points de base cette année et 70 pb l’année prochaine, ce qui la porterait à 15,8%. Le consensus Reuters anticipe un bénéfice par action en hausse de 12% à 1,69 dollar l’an prochain, hors exceptionnels.
Le groupe s’est également engagé auprès de ses actionnaires à leur verser 12 milliards de dollars sous forme de dividendes et de rachats d’actions. Une stratégie suivie par Boeing qui a annoncé hier qu’il augmenterait son dividende de 10% et reprendrait son programme de rachat de titres suspendu en 2009 à hauteur de 1,5 à 2 milliards en 2013.
Jeff Immelt a indiqué que le groupe ne prévoyait « pas de grosse acquisition » dans les mois qui viennent, mais des opérations pouvant aller jusqu'à 3 ou 4 milliards de dollars. Or, des sources concordantes indiquent que GE pourrait finaliser dès cette semaine un accord de rachat de l'équipementier aéronautique italien Avio, détenu à 81% par Cinven, pour un montant de 3 milliards d’euros. Le Wall Street Journal indique néanmoins que GE, avec qui Avio réalise déjà les deux tiers de ses activités dans l’aérien, serait uniquement intéressé par les composants pour moteurs, mais pas par ses systèmes de propulsion. Un revirement de dernière minute pourrait profiter à Safran, qui resterait aux aguets.
L’action GE progressait de 1,4% à 21,93 dollars hier à la clôture de la Bourse de New York, et affiche une hausse de 22% depuis le début de l’année.
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