Gemalto réalise avec SafeNet sa plus grosse transaction
Gemalto casse sa tirelire. Relativement prudent dans ce domaine, le numéro un mondial des solutions de sécurité numérique réalise avec SafeNet la plus grosse acquisition de son histoire, pour un montant en valeur d’entreprise de 890 millions de dollars, soit 666 millions d’euros environ. La transaction avec le fonds américain Vector, l’actuel propriétaire, devrait être conclue au quatrième trimestre 2014. Le prix représente 2,4 fois le chiffre d’affaires et 15 fois l’Ebitda de SafeNet attendus pour 2014.
Malgré ces multiples élevés, l’offensive de Gemalto est bien perçue. Vendredi, le cours de l’action a progressé de 4.66% à 72,50 euros. Au vu de «la rentabilité, de la croissance et des synergies attendues des activités acquises», SafeNet doit permettre au groupe dirigé par Olivier Piou de dépasser d’environ 10% son objectif de 600 millions d’euros de résultat des activités opérationnelles en 2017. La société va également renforcer les positions de Gemalto dans la sécurité des paiements, notamment auprès des grands groupes américains, au moment où les affaires de vols de données se multiplient. 80% des virements interbancaires dans le monde utilisent ainsi la technologie de SafeNet. Les outils de protection des données représentent la moitié des revenus de la société, le solde provenant des systèmes de protection des logiciels (30% du chiffre d’affaires) et des outils d’authentification en entreprise (20%). SafeNet compte 25.000 clients, entreprises et agences gouvernementales, dans plus de 100 pays.
Pour payer SafeNet, Gemalto va puiser 440 millions de dollars dans sa trésorerie et activer 450 millions de lignes de crédit existantes. Le groupe n’exclut pas par la suite de refinancer l’opération par exemple grâce à un emprunt obligataire, ce qui constituerait également sa première émission de ce genre. Selon Olivier Piou, cette acquisition n’empêchera pas le groupe de saisir d’autres occasions. Après SafeNet, sa dette nette ne représentera pas plus d’une fois son Ebitda. Et si les conditions de financement actuelles se maintiennent, le rachat de SafeNet représentera moins de 20 millions d’euros de surcharges financières par an cacule Gemalto.
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