GE et France Télécom profitent du marché des « samuraï bonds »
Les «samuraï bonds» retrouvent des couleurs. General Electric Capital et France Télécom ont simultanément réalisé jeudi dernier une émission obligataire libellée en yens de 68,1 milliards (655 millions d’euros) et 44,3 milliards (426 millions d’euros) respectivement.
La branche de financement de GE, notée «AA+» par S&P a offert un coupon de 1,299% à 5 ans, soit une marge de 80 pb par rapport au taux de swap pour sa première émission en yens depuis mai 2008. A l'époque GE capital s’était acquitté d’une marge de 82 pb sur une émission de même maturité. «Les taux d’intérêt sont relativement faibles, et compte tenu de l’instabilité du système financier, les emprunteurs cherchent à étendre leurs canaux de financement en termes géographiques» explique Takashi Nakagawa, analyste crédit chez Daiwa Securities Capital Markets. En équivalent dollars, la marge consentie est de 182 bp, contre un spread de 158 bp réclamé par les investisseurs sur les obligations de GE Capital de même maturité.
France Télécom a quant à lui offert un coupon sur son émission à 5 ans de 1,13%, soit une marge de 63 bp, contre 52 bp lors de sa dernière émission de 46,1 milliards de yens réalisée en juin 2010. Avec Mitsubishi UFJ, Morgan Stanley et Mizuho Securities comme chefs de file, l’opération vise à «maintenir une présence sur ce marché de façon régulière» selon le communiqué de l’opérateur français, noté A3 par Moody’s. Parmi les sociétés françaises non financières, seul Renault s’était hasardé sur ce marché en décembre 2010 avec une émission de 46,1 milliards de yens à 5 ans assortie d’une marge de 150 pb.
Côté institutions financières, Rabobank a émis le 8 novembre 89,5 milliards de yens à 5 ans avec coupon de 1,187%, soit une marge de 68 pb malgré sa notation «AAA». Rabobank n’avait consenti qu’une marge de 22 pb à sa dernière émission du 27 mai dernier. La banque néerlandaise avait un total de 8,2 milliards de dollars de dette en yens avant l’opération, soit 3,8% de sa dette totale.
Malgré l’augmentation des marges sur les valeurs bancaires qui devrait peser sur l’intérêt de ce type d’opération, Dealogic estimait qu’avant ces opérations les volumes de «samuraï bonds» se montaient à 21 milliards de dollars pour 2011. A une encâblure des 21,8 milliards enregistrés en 2008.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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