GE et France Télécom profitent du marché des « samuraï bonds »

General Electric a réalisé sa première émission en yens depuis 2008. Le groupe français a également émis jeudi 44,3 milliards
Patrick Aussannaire

Les «samuraï bonds» retrouvent des couleurs. General Electric Capital et France Télécom ont simultanément réalisé jeudi dernier une émission obligataire libellée en yens de 68,1 milliards (655 millions d’euros) et 44,3 milliards (426 millions d’euros) respectivement.

La branche de financement de GE, notée «AA+» par S&P a offert un coupon de 1,299% à 5 ans, soit une marge de 80 pb par rapport au taux de swap pour sa première émission en yens depuis mai 2008. A l'époque GE capital s’était acquitté d’une marge de 82 pb sur une émission de même maturité. «Les taux d’intérêt sont relativement faibles, et compte tenu de l’instabilité du système financier, les emprunteurs cherchent à étendre leurs canaux de financement en termes géographiques» explique Takashi Nakagawa, analyste crédit chez Daiwa Securities Capital Markets. En équivalent dollars, la marge consentie est de 182 bp, contre un spread de 158 bp réclamé par les investisseurs sur les obligations de GE Capital de même maturité.

France Télécom a quant à lui offert un coupon sur son émission à 5 ans de 1,13%, soit une marge de 63 bp, contre 52 bp lors de sa dernière émission de 46,1 milliards de yens réalisée en juin 2010. Avec Mitsubishi UFJ, Morgan Stanley et Mizuho Securities comme chefs de file, l’opération vise à «maintenir une présence sur ce marché de façon régulière» selon le communiqué de l’opérateur français, noté A3 par Moody’s. Parmi les sociétés françaises non financières, seul Renault s’était hasardé sur ce marché en décembre 2010 avec une émission de 46,1 milliards de yens à 5 ans assortie d’une marge de 150 pb.

Côté institutions financières, Rabobank a émis le 8 novembre 89,5 milliards de yens à 5 ans avec coupon de 1,187%, soit une marge de 68 pb malgré sa notation «AAA». Rabobank n’avait consenti qu’une marge de 22 pb à sa dernière émission du 27 mai dernier. La banque néerlandaise avait un total de 8,2 milliards de dollars de dette en yens avant l’opération, soit 3,8% de sa dette totale.

Malgré l’augmentation des marges sur les valeurs bancaires qui devrait peser sur l’intérêt de ce type d’opération, Dealogic estimait qu’avant ces opérations les volumes de «samuraï bonds» se montaient à 21 milliards de dollars pour 2011. A une encâblure des 21,8 milliards enregistrés en 2008.

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