GDF Suez renforce l’intégration de ses activités d’énergie en Europe continentale
La mutation du marché européen de l’énergie a incité GDF Suez à revoir son organisation. Depuis le 1er janvier dernier, le groupe a regroupé au sein d’une seule entité nommée «Energie Europe» ses activités d’approvisionnement en gaz, de production électrique, de gestion/négoce d’énergie, de marketing et vente de gaz/électricité à l’échelle de l’Europe continentale. «Nos activités au Royaume-Uni resteront gérées depuis Londres par International Power, à l’exception des projets nucléaires potentiels dans ce pays», a précisé hier le PDG Gérard Mestrallet lors d’une conférence de presse.
Forte de 30.000 collaborateurs, cette nouvelle branche servira 21,5 millions de clients dans treize pays. Premier acheteur européen de gaz, elle représentera environ un tiers de l’activité de GDF Suez, soit une trentaine de milliards d’euros sur la base du chiffre d’affaires attendu en 2011 par le consensus des analystes. Le groupe entend s’appuyer sur sa nouvelle organisation transversale par métier pour accroître sa base de clientèle en Belgique ou en Roumanie.
En France, avec 10 millions de clients dans le gaz et 1 million dans l’électricité, il compte développer son rôle de fournisseur dual.
En Italie, l’ouverture du marché le conduira à investir dans la production pour doubler le nombre de ses clients à plus de 2 millions d’ici trois ans. Selon Gérard Mestrallet, la reprise d’Edison par EDF et le passage sous le contrôle des municipalités italiennes d’Edipower «ne bouleverseront pas» le paysage concurrentiel du pays.
Si des marchés matures et une conjoncture économique défavorable limitent la croissance de la demande d’énergie en Europe, «l’interventionnisme politique et les incertitudes réglementaires accrues» constituent le principal frein aux investissements nécessaires pour renforcer l’efficacité du parc de production et diminuer les niveaux d’émission de CO2, juge Jean-François Cirelli, vice-président directeur général délégué en charge de la branche Energie Europe. Il mentionne à cet égard la décision prise l’an dernier par GDF Suez d’arrêter le développement de projets photovoltaïques en France ou éoliens dans la Péninsule ibérique. «Les ‘stop and go’ dans la régulation sont dévastateurs pour les équipementiers et les PME sous-traitantes dans les énergies renouvelables», conclut Gérard Mestrallet.
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