GDF Suez pâtira d’un désengagement accéléré du nucléaire en Belgique
Déjà pénalisé par le gel des tarifs gaziers en France, GDF Suez devrait voir ses prévisions de croissance compromises par une sortie plus rapide que prévu du nucléaire en Belgique, qui concerne au premier chef sa filiale Electrabel. Une porte-parole du ministère belge de l'énergie a indiqué lundi que les partis politiques travaillant à la formation du futur gouvernement ont convenu de fermer dès 2015 les trois plus anciens réacteurs du pays (sur un total de sept unités) et d’abandonner toute production nucléaire d’ici 2025.
Un plan d’équipement en nouvelles capacités devra être élaboré par le nouveau gouvernement dans un délai de six mois après sa prise de fonction, ce qui déterminera le calendrier exact de fermeture des différentes tranches. Plus de 55% des besoins électriques du pays proviennent actuellement de la production nucléaire d’Electrabel qui revend 40% des volumes produits à l’allemand E.ON, 25% à EDF et 10% au consortium Blue Sky qui fédère de gros utilisateurs. Le producteur belge a indiqué qu’il «informera son personnel, ses partenaires et ses sous-traitants des conséquences pratiques» d’une décision qui l’étonne.
Si elle est conforme à une loi de 2003, la décision remet effectivement en cause l’accord conclu en 2009 qui prévoyait une prolongation de dix ans de la durée de vie des trois réacteurs concernés; ceci en échange d’une contribution annuelle de 215 à 245 millions d’euros pour GDF Suez entre 2010 à 2014. Loin de disparaître, ce prélèvement devrait au contraire fortement augmenter pour financer le développement des énergies renouvelables outre-Quiévrain, alors qu’Electrabel «a investi plus de 500 millions d’euros au cours des cinq dernières années» dans ces réacteurs.
Bien que la Belgique ne représente que 10% de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de GDF Suez, compte tenu de «prix européens du gaz qui ne devraient pas être sous tension avant deux ans, nous pensons que l’objectif 2013 d’un Ebitda à 20 milliards d’euros est maintenant en grand danger», jugent donc les analystes d’Oddo Securities. La concrétisation du partenariat stratégique signé cet été avec le fonds chinois CIC et l’annonce d’un accord prévoyant la fourniture d’un navire méthanier au pétrolier Cnooc n’ont pas empêché une chute de 5,7% à 20,5 euros de l’action GDF Suez hier.
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