Gas Natural Fenosa accélère sa diversification en direction de l’Amérique latine
En lançant hier une offre en numéraire de 2,6 milliards d’euros sur le distributeur électrique chilien Compania General de Electricidad (CGE), Gas Natural Fenosa a donné un coup d’accélérateur à sa diversification géographique hors d’Europe. Après l’accord trouvé ce week-end avec les actionnaires de contrôle, qui se sont engagés à lui céder leur participation combinée de 54,2% dans l’entreprise chilienne, le groupe espagnol va racheter l’intégralité du capital de sa cible via une offre publique qui expirera le 11 novembre prochain.
Cette acquisition «est la plus importante de l’histoire du groupe à l’international», relève Gas Natural, en précisant que c’est aussi «la plus grande OPA jamais lancée au Chili».
Le prix de cession de 4.700 pesos par action correspond à une prime de 32% par rapport au cours de clôture de CGE vendredi dernier. En incluant la dette et les minoritaires, «cette transaction fait ressortir une valeur d’entreprise de 6 milliards d’euros, soit 10,3 fois l’excédent brut d’exploitation (EBE) de la cible en 2013, alors que son PER atteint 24 fois les bénéfices de l’exercice écoulé», ont calculé les analystes de Kepler Cheuvreux. Ces ratios élevés «montrent la détermination de Gas Natural à sécuriser ses objectifs de croissance face à la concurrence apparente d’un fonds australien», relèvent-ils.
Déjà présent au Mexique, en Colombie, au Brésil et en Argentine, l’énergéticien espagnol avait annoncé à la fin de l’année dernière un plan d’investissement sur quatre ans de 9,2 milliards d’euros axé à la fois sur le gaz et l’Amérique latine, région qui a généré l’an dernier 30% de son chiffre d’affaires. Cette opération de croissance externe renforcera sa position concurrentielle dans cette zone, puisque CGE possède une part de marché de 40% dans la distribution d’électricité et de 27% dans le gaz de pétrole liquéfié (GPL) au Chili, tout en contrôlant le distributeur de gaz naturel Metrogas. CGE est également présent en Argentine et détient une part de marché de 21% dans le gaz naturel liquéfié (GNL) en Colombie.
Mais le bureau d’analyse d’UBS juge que le GNL, qui contribue globalement pour plus de 35% aux bénéfices de Gas Natural, pourrait peser sur sa rentabilité future «en raison d’une croissance cumulée d’environ 40% de l’offre de gaz prévue sur la période 2015-2018».
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