Free Mobile menace d’attaquer toute personne dénigrant la réalité de son investissement
Muette depuis le lancement mi-janvier de Free Mobile, la direction du groupe le restera jusqu’à la publication, début mai, du chiffre d’affaires trimestriel. Xavier Niel, le fondateur et premier actionnaire d’Iliad, ne souhaite fournir aucune indication sur le nombre d’abonnés du nouvel opérateur de téléphonie mobile. «Je ne crois pas qu’il ait existé un opérateur dans le monde qui ait pris autant d’abonnés en aussi peu de temps quel que soit le pays», se permet-il d’affirmer, sans pour autant apporter d’exemple chiffré.
Ce silence va un peu plus irriter les concurrents d’Iliad, Bouygues Telecom et SFR en tête - Orange étant en partie protégé par le milliard d’euros qu’il reçoit d’Iliad en lui louant son réseau - qui doutent de la réalité du réseau de Free Mobile. Xavier Niel menace d’ailleurs, à compter de ce jour, «d’attaquer en justice toute personne dénigrant la réalité de la couverture du Free Mobile ou de ses investissements». La semaine dernière, ses concurrents, dont l’Ebitda cumulé devrait baisser d’un milliard en 2012, avaient indiqué réfléchir à des actions devant les tribunaux pour protester contre les conditions avantageuses dont bénéficierait le quatrième opérateur.
Agacé, Xavier Niel dément tout avantage. Le contrat d’itinérance avec Orange, qui permet de faire transiter les appels des abonnés de Free Mobile partout en France, alors que seulement 27% de la population n’est couverte pour l’instant ? Il a été signé «à des conditions tarifaires équivalentes aux autres contrats» de ce type, affirme Xavier Niel. D’ailleurs, «on préférerait déposer 1 milliard sur la table et avoir notre propre réseau mobile tout de suite plutôt que d’investir 1 milliard dans celui-ci et payer en plus l’itinérance à France Télécom».
De même, selon lui, la situation actuelle n’est pas financièrement optimale: «Nous ne pouvons pas opposer notre modèle économique, comme dans le fixe, et il n’est pas pas sûr que nous ayons des marges là-dessus». En 2011, Free Mobile a amputé d’une «petite vingtaine» de millions d’euros le bénéfice sur 833 millions d’excédent brut d’exploitation. Iliad a décaissé 170 millions d’euros d’investissements sur les 400 millions déjà engagés. Il prévoit de dépenser 250 millions d’euros en 2012. Xavier Niel n’en dira pas plus.
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