France Télécom va devoir rassurer sur la tenue de son cash-flow
Rien n’y fait. France Télécom a eu beau «tenir tous ses engagements» en 2010, comme le rappelle Stéphane Richard, directeur général et bientôt PDG de l’opérateur en télécoms, mais aussi confirmer ceux pour 2011, le cours de l’action a baissé hier de 1,45 %. A 15,96 euros, le titre est à son niveau de juin 2009, preuve d’un malaise entre les objectifs affirmés par la direction du groupe et des investisseurs de moins en moins convaincus par le caractère prétendument défensif de la valeur.
Deux sujets tracassent le marché. D’une part l’érosion de la marge sous l’effet notamment de la pression concurrentielle en France, premier marché de l’opérateur avec 48,7% du chiffre d’affaires 2010 mais 58,8% de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda). La marge d’Ebitda a cédé 1,8 point l’an dernier en France pour tomber à 39,5%, expliquant une grande partie de la baisse de 0,9 point de la marge consolidée à 34,4%. Or, compte tenu de la nouvelle concurrence sur le marché du mobile en France mais aussi sur celui du fixe, ce qui gonfle les dépenses commerciales (+7,5% en 2010 pour l’ensemble du groupe), 2011 s’annonce difficile. France Télécom table sur une baisse de sa marge d’Ebitda de l’ordre de 1% cette année.
Seconde préoccupation, plus forte que la précédente: la sécurité du cash-flow. Stéphane Richard s’est fermement engagé dès l’an dernier à maintenir le niveau d’autofinancement organique à 8 milliards d’euros, condition sine qua non pour verser, comme promis, un dividende d’au moins 1,4 euro par action en 2010, 2011 et 2012. Or, compte tenu de la pression concurrentielle en France, compte tenu aussi des ambitions, certes modestes, de croissance par acquisition dans les pays émergents, et compte tenu enfin des engagements sociaux pris par la direction, la marge de manœuvre s’est contractée. Gervais Pellissier a martelé lors de la réunion avec les analystes qu’il n’y avait «aucun doute à avoir sur la tenue de l’objectif» de 8 milliards. Le marché attendra les preuves des prochains trimestres pour y croire.
D’autant que comme le faisait récemment remarquer la Société Générale, France Télécom contrôle de moins en moins ses actifs. Les acquisitions de ces dernières années ont renforcé le poids des minoritaires. Ils ont perçu l’an dernier 620 millions d’euros de cash-flow, 20 millions de plus qu’en 2009.
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